ÉMANCIPATION DES HOMMES PAR LA TRANSFORMATION DE LA SOCIÉTÉ.
NOTRE PLUS PROFONDE RAISON DE VIVRE
Des son premier numéro « Justice » prononce un engagement solennel : il sera la voie des travailleurs et l’instrument de leur organisation syndicale et politique. Plus précisément,il annonce qu’il sera le guide et le porte-parole de la classe ouvrière durement prolétarisée et unifiée dans les champs de canne et les usines par un patronat qui ne connaît pas,à ce moment là,le frein de la légalité.
Il tiendra parole en affrontant, avec les travailleurs, grèves et élections sanglantes, protestations populaires où le forces de répression feront des tués jusqu’aux années 70.
Ce seront les amendes et les saisies périodiques, les condamnations prononcées par des juges stipendiés et parfois l’assassinat pur et simple.
Mais,grâce aux combats menés par les travailleurs guidés par notre journal,une législation sera imposée dans le monde du travail et nous connaissons aujourd’hui une avancée démocratique qui constitue un progrès par rapport à la situation coloniale du début du siècle.
Aujourd’hui l’arme est là, intacte entre nos mains, en d’autres mains. Mais, fidèle à son passé de lucidité et de fermeté, « Justice » peut dire qu’il n’a pas démérité, qu’il a tenu son engagement. Modifiant selon l’évolution démocratique des masses l’objectif politique immédiat, passant par exemple de la politique de départementalisation à la politique d’autonomie.
Quant à l’objectif final -l’émancipation des hommes par la transformation de la société-il est, comme dans le passé, dans le cœur de chacun de nous et constitue notre plus profonde raison de vivre.
Aujourd’hui, avec une classe ouvrière éclatée, une économie compliquée par l’intervention imprévisible des machines, notre lutte est plus compliquée et « Justice » doit affronter des problèmes plus difficiles à maîtriser. Mais son glorieux passé de lucidité et d’efficacité est un gage pour une heureuse contribution à la lutte des travailleurs de l’époque nouvelle.
Je n’ai pas cité de noms dans cette traversée du siècle par notre journal. Nous avons été tous à la peine, tous nous pouvons nous féliciter que « Justice » soit vivant entre nos mains. Mais il serait inconvenant de ne pas rappeler 2 ou 3 noms : MONNEROT, DEL, BISSOL, SYLVESTRE, NICOLAS….


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