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MAGAZINE HEBDOMADAIRE D'INFORMATION COMMUNISTE

Nouvelle Edition N°49 du 4 Decembre 2008

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FAIRE FACE À “LA CRISE” EN MARTINIQUAIS RESPONSABLES

Sommaire
Sa ka Pasé . . . . . . . . . . p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . p. 3
- Faire face à la “crise”
Luttes sociales . . . . . . .p. 4
- Un douanier en grève de la faim
- Guyane: Colère contre le prix du fuel
Société . . . . . . . . . . . . . . p 5
- La CAF contre la fraude
- les patissiers récompensés
Crise capitaliste . . . . . .p. 6
- Plan de relance européen incertain
Politique . . . . . . . . . .p. 7/9
- Programmes européens
- Budget outremer
- Qu’en ont dit nos parlementaires
Politique . . . . . . . . . . . .p. 10
- Sarkozy courtise les maires
Economie . . . . . . . . . . .p. 11
- Comment sont fixés les prix du
carburant
France . . . . . . . . . . . . .p. 12
- Le parti socialiste et l’autre gauche
Culture . . . . . . . . . . . . .p. 13
- Aliker et nous
Dans le monde . . . . . . .p. 14
- Inde – Thaïlande
Annonces Légales . .p. 15/19
Culture/sport . . . . . . . .p.20
- Hommage à Khokho
- Succès du semi marathon de FDF

EDITO :

Depuis quelques mois les Martiniquais
entendent parler sans cesse
de “la crise”, de cette crise obsédante
qui affecte profondément le
système capitaliste mondial et menace
l’avenir de la planète entière.
Justice, se livrant à une analyse
marxiste des signes avant-coureurs
d’une telle catastrophe, avait
alerté ses lecteurs bien longtemps
avant que les médias occidentaux
n’en fassent le thème central de
leurs articles de presse et de leurs
émissions de radio et de télévision
relatifs à l’actualité économique
mondiale. Nous avons mis en
garde contre une fausse appréciation
de la nature de la crise tendant
à faire croire que c’était “le capitalisme
financier” qui était en cause…
comme si le capitalisme ne constituait
pas un tout structuré, régi par
l’implacable “loi du marché” ! Cette
loi qui impose la recherche effrénée
du profit et l’élimination des faibles
par les forts, au détriment de
la nature dont les ressources
s’épuisent à vive allure et des pays
dits en voie de développement.
Nous n’ignorons pas les effets néfastes
de la spéculation boursière
sur “l’économie réelle”, celle qui produit
les biens de consommation et
crée de l’emploi. Nous n’ignorons
pas non plus la lourde responsabilité
des financiers irresponsables -
étasuniens surtout- qui ont provoqué
le déclenchement de la crise.
Mais nous disons et réaffirmons
que c’est le capitalisme en tant que
système qui est responsable de cet
énorme gâchis, tout comme il est
responsable des innombrables
crimes et guerres que l’Occident a
à son actif et sur la conscience.
Pour ces raisons, nous avons dit et
répété que, pour nous marxistes, le
capitalisme ne s’amende pas mais
se combat. Pour ces raisons, nous
demeurons plus que jamais
convaincus que l’avenir de l’humanité
est dans le socialisme, un socialisme
repensé en fonction des
idées philosophiques fécondes de
Marx et d’Engels.
La Martinique, de par sa condition
de département-colonie qui la
condamne à l’irresponsabilité politique,
peut se croire à l’abri de “la
crise” mondiale actuelle. D’autant
qu’elle vit une crise économique,
sociale et morale structurelle, permanente,
caractérisée par un fort
taux de chômage, une pauvreté
grandissante, de profondes inégalités
sociales, une violence multiforme
croissante, un tissu familial
de plus en plus désagrégé, une
jeunesse déboussolée qui pourtant
n’aspire qu’au bonheur.
Comme elle ne maîtrise pas son
destin, elle est tentée de s’en remettre
entièrement “au gouvernement”,
quelle que soit la couleur
politique de celui-ci. Globalement,
“la crise” lui semble lointaine et surtout
abstraite, du fait de la complexité
des problèmes financiers
dont elle entend parler et du langage
technique utilisé par les experts
et les commentateurs des
médias. Cependant, quand les travailleurs
entendent dire que telle ou
telle entreprise des Etats-Unis ou
de France a fermé et jeté ses ouvriers
au chômage, quand les
mères de famille constatent que le
prix de nombreuses marchandises
importées ou produites localement
ne cesse d’augmenter sur le petit
marché créole ou dans les grandes
surfaces capitalistes, “la crise” devient
palpable, concrète. Nous ne le
souhaitons nullement, et invitons
au contraire tous les “décideurs” à
tout faire pour tenter d’en limiter les
effets, mais il est inévitable que “la
crise” frappe de plus en plus notre
société déjà malade.
Pour y faire face, il faut agir en
même temps dans les domaines
économique, social, culturel et politique.
La tenue prochaine du
Congrès est l’occasion de poser de
manière responsable, et si possible
sereine, la question du statut, de
l’Autonomie de notre pays. Point
n’est besoin d’être juriste pour
comprendre que l’autonomie n’est
pas l’indépendance, que l’article 74
de la Constitution française nous
offre plus de possibilités d’avoir un
statut conforme à nos spécificités
et nous permettant de mieux gérer
nos affaires internes. Ce que ne
permet pas l’article 73, qui actuellement
régit le système départemental
dont l’échec est si patent au
plan économique.
Le Conseil régional et le Conseil
général ont déjà élaboré leur
schéma de développement pour la
Martinique, pays malade de l’immobilisme,
de l’irresponsabilité politique
et civique, de la société de
consommation imposée par le capitalisme
et le colonialisme, de la
non production, de l’imitation servile
de modèles étrangers dont
beaucoup s’avèrent être des
contre-valeurs, de la dilapidation
des terres agricoles, etc.
Au projet de Nicolas Sarkozy de
nous accorder “l’autonomie économique”
comme moyen de camoufler
le désengagement de l’Etat, opposons
le nôtre, celui d’une véritable
autonomie globale, à la fois politique,
économique et financière.
En l’exigeant – c’est-à-dire rassemblés
- de manière à l’obtenir, nous
montrerons notre détermination à
faire face avec responsabilité à “la
crise”.

M.Belrose

Catégorie : Edition