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MAGAZINE HEBDOMADAIRE D'INFORMATION COMMUNISTE

JUSTICE 89e Année Edition N°05 Jeudi 29 Janvier 2009

justice 89eme année n°05

5 FÉVRIER : SE MOBILISER MASSIVEMENT POUR L’EMPLOI, POUR LE POUVOIR D’ACHAT ET CONTRE LA “VIE CHÈRE”

Les problèmes de l’emploi, du pouvoir d’achat et des conditions de vie
et de travail sont plus que jamais au coeur des préoccupations populaires,
que ce soit en Guadeloupe avec le mouvement “Liyannaj Kont
pwofitasyon” depuis une semaine, en France avec la prochaine mobilisation
du jeudi 29 janvier et en Martinique avec la journée d’action du
jeudi 5 février.

Il est clair que, en dépit de son plan de relance (130 millions d’euros alloués
au Fonds d’Investissement exceptionnel pour tout l’outre-mer)
et de sa prétendue “stratégie de croissance outre-mer “, le pouvoir colonial a choisi
de faire payer la crise aux salariés et aux demandeurs d’emploi qui n’y
ont aucune responsabilité.

En Martinique, on assiste depuis
2007 à un brutal ralentissement de
l’activité économique qui s’est amplifié
en 2008. La pseudo-croissance
artificielle est en panne. Le
chômage officiel remonte depuis
juillet 2008(plus de 2 150 chômeurs
supplémentaires recensés). Le BTP
entre en crise avec l’éclatement de
la bulle immobilière et spéculative et
aussi en raison des effets récessifs
provoqués par l’annonce des restrictions
abruptes de la loi-programme
Jego. Les collectivités
locales affrontent des difficultés financières
accrues, en particulier le
Conseil général qui va baisser ses
investissements de 30 % en 2009.
La crise bancaire se répercute ici
par un net resserrement du crédit
aux entreprises et aux particuliers.
Le pouvoir d’achat depuis 2004 recule.
En effet, ces dernières années,
la hausse des prix a, le plus
souvent, été supérieure à celle de la
France alors que nombre de revenus
ici sont fixés par référence à l’inflation
de la France.
La Martinique, comme le reste du
monde, a été en outre été frappée
par l’envolée des prix des produits
pétroliers liée en grande partie à la
guerre en Irak et à la spéculation capitaliste.
De plus, cette poussée d’inflationqui
ne s’est retournée que seulement
depuis octobre 2008 sous l’effet
de la crise financière
internationale – s’est produite dans
un contexte de vie déjà très chère
avec des niveaux de prix extrêmement
élevés, notamment pour l’alimentation,
les loyers, les transports,
etc. Pourquoi les pâtes alimentaires
étaient-elles plus chères en août
2008 de 87 % qu’en France par
exemple ? Et les autorités sont restées
jusqu’à récemment passives
devant ce scandale de la “vie chère”
en Martinique et en outre-mer.
Bien sûr, la Martinique est frappée
de plein fouet par la politique de démolition
sociale du gouvernement
Sarkozy- Fillon : suppressions de
postes dans l’éducation nationale,
diète sévère imposée aux budgets
des hôpitaux publics qui ne peuvent
plus faire face à la demande de
soins des malades, franchises appliquées
aux remboursements de
soins, etc.
Symbolique ! L’administration chargée
de protéger les consommateurs
et, le cas échéant si le pouvoir décide
enfin d’agir, de contrôler les
prix des produits de grande
consommation est menacée de démantèlement.
Au point que ses
fonctionnaires ont été acculés la semaine
dernière a effectuer une
“journée DGCCRF* morte” pour
alerter l’opinion et les élus.
Comment peut-on vivre avec un
Smic mensuel à 1 037 € (au
1er/07/2008) ?
Que peut-on faire avec un minimum
vieillesse à 633,13 € par mois (au
1er/09/ 2008) ?
Et jusqu’où peut aller un Rmiste
avec 454,63 € ?(1/01/2009)
Compte tenu de la précarité
(contrats aidés par exemple), certaines
rémunérations ne dépassent
pas 700 à 800 € par mois.
D’une manière générale, les salaires
sont bas en Martinique : un
salarié martiniquais sur deux gagnait
en 2005 moins de 1 400 € par
mois (dernier chiffre connu en raison
de la misère de la statistique coloniale).
Il faut se féliciter que les syndicats
martiniquais aient décidé de parler
et agir ensemble sur les enjeux fondamentaux
du monde du travail,
sortir les salariés du désespoir et
créer une dynamique revendicative.
Oui, il faut se battre pour exiger des
mesures immédiates :
-pour le maintien et la création
d’emplois, en particulier en accordant
la priorité aux Martiniquais
dans les emplois libérés par les départs
massifs à la retraite et en arrêtant
les suppressions d’emplois
dans le secteur public ;
-pour l’amélioration du pouvoir
d’achat par l’augmentation du Smic,
des salaires et minima sociaux ;
-par des mesures de contrôle des
prix des produits et services de
large consommation populairepour
faire reculer la “vie chère” en Martinique
;
Mais en même temps, il faut s’engager
aussi pour mettre notre pays sur
les rails d’un nouveau type de développement
et, par conséquent,
conquérir un véritable pouvoir autonome
martiniquais démocratique et
populaire.

michel-branchi

Michel Branchi
* DGCCRF : Direction Générale de la
Concurrence, de la Consommation et de
la Répression des Fraudes

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