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MAGAZINE HEBDOMADAIRE D'INFORMATION COMMUNISTE

JUSTICE 89e Année Edition N°45 Jeudi 05 Novenmbre 2009

Justice 45_Presse

SOMMAIRE

Sa ka Pasé     p. 2
Edito   p.  3

- Pour ou contre le changement
Luttes Sociales          p. 4/5

- Golf départemental
- Colson : Le travail a repris
- Grève des chauffeurs de bus
- Chronique juridique
Economie       p. 6/7
- AMPI et octroi de mer
Université      p. 7
- Campus en mouvement
Eco-Social      p. 8
- Cora-Match-Ecomax menacé
Mémoire du Peuple    p. 9
- Traites négrières coloniales
Débat Statutaire       p. 9/15
- Financement de la campagne du RMC
- Colloque “enjeux du débat statutaire”
- MAP, clone du néo-PPM
- le Progressiste
- Serge Châlons pour le 73
- RMC : matinée riche de promesses
France p. 16
- Jacques Chirac devant la Justice
- Pourriture des affaires
Annonces Légales     p. 17/19
Culture          p. 20

- “Lè Prof” & “Le Gouverneur des Dés”

EDITO

Un choix clair : pour ou contre le Changement

Désormais on sait quelles sont les forces en présence et qui est pour ou contre le Changement possible avec l’article 74.

La droite départementaliste de toujours (FMP, UMP,etc) veut le maintien dans l’assimilation et accepte aujourd’hui la collectivité unique (article 73) qu’elle combattait en décembre 2003.Une collectivité résultant de la fusion des seules compétences de la Région et du département. Point.

Les socialistes ont renié leur vote au Congrès et sont retombés à leur inclination naturelle : l’assimilo-départementalisation de l’article 73.

Le néo-PPM et ses alliés, rebaptisés Mouvement des Autonomistes et des Progressistes(MAP), appellent à voter pour la même collectivité unique article 73, tout en promettant pour brouiller les pistes d’aller vers une autonomie plus complète que celle de l’article 74. Et cela dans un avenir indéterminé. C’est la prétendue 3ème voie. Dans les faits, le parti de Serge Letchimy a choisi le maintien du statut départemental qu’il prétend combattre.

Les partis d’extrême gauche trotskystes, fidèles à leur pratique politique de la surenchère, exigent tout tout de suite, et de fait la réalisation immédiate d’un programme de passage au socialisme et même, pour l’un d’entre eux (le GRS), à l’Indépendance, tout en demandant des garanties, comme la droite et le néo-PPM, sur le maintien des acquis de la population laborieuse.

Finalement la grosse caisse ou la petite musique de la peur sont joués avec un ensemble parfait par cet orchestre hétéroclite.

Au lieu de stimuler ou d’instrumentaliser cette peur irrationnelle née du passé colonial, les vrais progressistes et démocrates devraient la combattre en disant la vérité : le passage à l’article 74 ne menace pas les acquis sociaux. Sinon comment, après l’avoir stimulée à des fins bassement politiciennes, pourraient –ils demain aller vers cette “autonomie optimale” qu’ils affirment rechercher comme la pierre philosophale ou le Graal depuis 42 ans ?

La vérité est que la société martiniquaise est plongée dans une crise profonde et globale. Le système colonial départemental est éreinté et à bout de souffle. Il y a urgence d’agir. Les Martiniquais (ses) aspirent au Changement, même si leurs sentiments sur la nature de ce changement sont contradictoires.

Les élus martiniquais, prenant leurs responsabilités et sur la base de leur expérience du corset que représentent les institutions de l’article 73, ont élaboré démocratiquement un projet en deux volets :

- un projet économique, social, culturel et environnemental avec la synthèse du schéma martiniquais de développement économique (SMDE) et de l’Agenda 21 ;

- Un projet politique permettant d’élargir, renforcer et approfondir le pouvoir local en utilisant la Constitution française actuelle et telle que réformée en mars 2003 grâce en partie à nos luttes depuis les années 1960. C’est l’autonomie possible avec l’article 74 qui permet d’élargir la responsabilité martiniquaise tout en préservant les acquis sociaux.

Comme tout projet, il est perfectible et devra être enrichi par la contribution de tous.

Mais, d’ores et déjà, il comporte de grandes orientations allant dans les sens des intérêts populaires : priorités aux Martiniquais dans l’emploi à compétences égales, lutte contre les facteurs de vie chère, recherche de l’autosuffisance alimentaire, adaptation des programmes scolaires à nos réalités, autorité unique des transports pour résoudre ce lancinant problème, meilleure maîtrise de la production locale et de sa consommation, préservation de la terre martiniquaise, priorité à une politique de logement social adapté au contexte martiniquais, création d’une Banque de Développement notamment pour aider les petites entreprises martiniquaises créant l’emploi et l’activité, etc.

Et que l’on cesse de dire que l’on ne sait rien des institutions à venir. La loi organique, passage obligé quelle que soit la voie choisie, sauf à prendre les armes, devra être négociée à partir des propositions publiques adoptées majoritairement par le Congrès des élus martiniquais. Elle sera soumise ensuite aux assemblées locales et donc à l’opinion publique martiniquaise. Question de rapport des forces.

Le débat obligatoire sur la consultation statutaire en Guyane et Martinique au Parlement français en décembre 2009 devra apporter des précisions sur les grandes lignes de la loi organique.

Cependant, derrière les numéros 73 et 74 il y a de véritables choix politiques pour les Martiniquais et singulièrement pour les couches populaires :

- ou la poursuite du désastre économique et social avec l’article 73 actuel ;

- ou la conquête d’un outil plus efficace rendant possible une dynamique nouvelle de développement réel en faveur des masses martiniquaises avec l’article 74.

Non, tous les problèmes qui font de la société martiniquaise une société en voie d’être une société bloquée ne seront pas résolus comme par un coup de baguette magique avec l’article 74. Ce serait mentir.

Mais la Martinique pourra, par ses efforts, par la mobilisation de ses énergies et de ses intelligences, s’attaquer avec des chances sérieuses de réussir à la résolution progressive de ses maux.

Les vrais progressistes et les vrais autonomistes doivent rejoindre le combat pour le Changement, étant rappelé que le dimanche 17 janvier 2010 il ne s’agit pas de choisir les hommes et les femmes qui conduiront le Changement mais de se donner l’instrument de ce Changement.

Michel Branchi

Michel Branchi

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