Sommaire
Sa ka Pasé . . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- le démon de l’assimilation laché
Luttes Sociales . . . . .p. 4/6
- transporteurs de marchandises
- mobilisation des agents de colson
- unsa : poursuivre la lutte
- Rencontre du lKp, fpaG et du K5f
- 11ème congrès de la cGtm-fsm
Société . . . . . . . . . . . . . .p. 7
- baromètre open soft système
- Questions de lise écrit au sénat
Economie . . . . . . . . . .p. 8/9
- les communes frappées par la crise
Débat Statutaire . . . .p. 9/15
- une longue marche vers l’unité
- débats sur le 73/74
- motion du conseil municipal
- michel chalono ou le double “non”
- Réflexions d’armand nicolas
- l’exemple de saint-martin
- taubira dit “oui” au 74
Dans le Monde . . . . . . .p. 15
- Zelaya intransigeant sur les principes
- l’amérique latine lance le “sucre”
Annonces Légales .p. 16/23
Culture . . . . . . . . . . . . .p. 24
- adieu barel !
- “aliker” récompensé
LE VIEUX DÉMON DE L’ASSIMILATION EST LACHÉ
L’autonomie dite “encadrée” permise par l’article 74 va-t-elle permettre d’améliorer la situation des travailleurs martiniquais, va-t-elle respecter leurs droits sociaux et démocratiques, demande-t-on ?
Notre Parti Communiste Martiniquais, qui a arraché la plupart des acquis sociaux dont bénéficient les Martiniquais, le premier aussi dans ce pays à avoir revendiqué l’autonomie en février 1960, avait cru bon de préciser quelques années plus tard qu’il s’agissait d’une autonomie “démocratique et populaire”. Qu’est-ce que voulait dire cette formule qui fut moquée tant par la droite départementaliste que par certains à gauche ? Ils affirmèrent que les communistes martiniquais voulaient transformer la Martinique en démocratie populaire, type RDA, Hongrie, Union soviétique, etc. Cette accusation n’est pas enterrée, puisqu’on a pu la lire récemment sur certains sites Internet en réponse à nos prises de position en faveur de l’article 74. Le réflexe de Pavlov anti-communiste…en quelque sorte.
Autonomie démocratique ? Cela veut dire que c’est le peuple qui choisit et décide de bout en bout. Une démocratie réelle, participative nourrie par un peuple correctement informé et non pas trompé et abusé comme actuellement.
C’est le peuple qui va décider s’il prend la voie de la responsabilité avec l’article 74. Il nous plaît de noter que les élus martiniquais ont repris pour le fonctionnement des Institutions nouvelles plusieurs propositions figurant dans le projet de statut du PCM de 1992 : exécutif collégial au lieu d’un omnipotent président ; possibilité de renverser l’Exécutif en cours de mandature avec une “motion de défiance constructive” ; et aussi possibilité de contrôle de l’assemblée délibérante par la constitution de commissions d’enquêtes ou de missions d’évaluation, etc.
De plus, il est prévu le renforcement des prérogatives des Conseils consultatifs.
La Martinique, restant en outre “au sein” de la République française, se voit garantir les libertés publiques.
Autonomie populaire ? La demande d’évolution institutionnelle et statutaire part du constat que, malgré les dépenses massives de l’Etat et de l’Europe pendant des dizaines d’années, la Martinique plonge dans le mal-développement, le chômage massif, l’approfondissement des inégalités sociales, l’accroissement de la pauvreté et de l’exclusion, la baisse du pouvoir d’achat des catégories populaires et des couches moyennes, le refus de la prise en compte réelle de notre identité, la perte de ses repères et de ses valeurs propres, etc. Le désastre économique, social et culturel est total et s’est exprimé spectaculairement dans la rue en février-mars 2009.
Le but du renforcement du pouvoir local est de mettre en place une politique de développement nouvelle axée sur la création d’emplois. Mettre la Martinique au Travail en un mot. Fonder la justice sociale sur un développement endogène et durable.
Oui la protection sociale, le droit du travail resteront dans le droit commun, avec la possibilité pour la Collectivité autonome de mettre en place en plus “un plan de développement social”. Emploi martiniquais au titre de la “préférence territoriale”, logement, préservation de la terre martiniquaise, transport, éducation, sport, culture, contrôle des prix des produits de première nécessité, etc, tels sont quelques uns des leviers indispensables pour agir concrètement sur la réduction des inégalités sociales intolérables.
Pour notre part, le choix est celui des intérêts populaires contre ceux de l’oligarchie capitaliste béké et française qui écrase et suce le pays.
Mais pour conquérir ces libertés collectives nouvelles, il faut cesser d’agiter la peur de droite comme celle de gauche, voire d’extrême gauche. Cette peur qui nous a été inoculée par le colonialisme français et qui a réussi à nous persuader de notre incapacité congénitale de nous diriger nous-mêmes, à nous défier de nous-mêmes.
Au fond, ce qui ressurgit aujourd’hui, à travers toutes les arguties juridiques savantes, les mensonges subliminaux et les contorsions pitoyables, c’est le vieux démon de l’assimilation, le refus de hâter l’heure de nous-mêmes, la panique devant le franchissement de l’obstacle de la responsabilité.
Personne n’a jamais dit que le changement de statut était le socialisme.
Mais il permet de rapprocher les centres de décision à la portée du peuple martiniquais (certains disent à portée de calotte) qui, de la sorte, pourra mieux peser sur nombre de décisions ayant une influence directe sur ses conditions de vie.
Cela aussi, c’est la démocratie.
Le dimanche 17 janvier, il s’agit de choisir un nouveau cadre permettant d’aller plus loin, d’ouvrir un avenir plus responsable et plus digne.
Le choix des hommes sera pour après.
Il ne faut pas confondre coco épi zabrico.





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