SOMMAIRE
Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- Matinik sé ta nou
Politique . . . . . . . . . .p. 4/6
- Visite de Marie-Luce penchard
- Habilitation transport
Bec & Plumes . . . . . . . .p. 6
- roger de jaham : eloge du “Bleu-
Blanc-rouge”
Economie . . . . . . . . . . .p. 7
- Budget 2010 de l’outre-Mer
Débat Statutaire . . .p. 8/14
- raphaël Vaugirard
- françois : un échange fructueux
- réflexion d’armand nicolas
- double consultation institutionnelle
- Communiqué du pCM
- réactions généralement satisfaite à
l’annonce de la consultation
Notre Amérique . . . . .p. 15
- rio, capitale des j.o. 2016
Annonces Légales .p. 15/19
Dans le Monde . . . . . . .p. 20
- Barack obama : prix nobel de la
paix
EDITO
Désormais on sait que la consultation populaire aura lieu le dimanche 17
janvier 2010 : les Martiniquais seront appelés à “approuver la transformation
de leur territoire en une collectivité régie par l’article 74 de la Constitution et donc
dotée d’une organisation particulière en créant une collectivité unique et en lui
transférant des compétences nouvelles qui ne peuvent pas être exercées dans le
cadre de l’article 73 de la Constitution” (Nicolas Sarkozy, France-Antilles du 8 octobre 2009).
Cependant, s’il est répondu “non” au passage à l’article 74, “dans cette hypothèse
et dans celle-ci seulement”, dit le président de la République française,
“les électeurs seront appelés le dimanche suivant à approuver ou à rejeter la création
d’une collectivité unique qui exercerait les compétences du Conseil régional et
et du Conseil général, tout en demeurant dans le régime actuel de l’article 73” (FA du 8/10/2009).
Les choses sont claires : le choix est entre une collectivité unique dotée de
compétences nouvelles et de la capacité, dans ses domaines de compétences,
d’adapter lois et règlements à la réalité martiniquaise, et donc de commencer à mettre en
oeuvre un nouveau type de développement plus endogène d’une part ; et
d’autre part une collectivité unique enfermée dans les seules compétences
étroites de la Région et du Département, régie par l’article 73 qui
permet peu de possibilités de prendre en compte notre situation spécifique.
Le choix est entre l’autonomie et l’assimilation- départementalisation, entre
le changement et l’immobilisme. Même si la création d’une collectivité
unique article 73 mettrait fin à l’aberration administrative de deux collectivités
pour un seul pays (région monodépartementale).
Et qu’on ne ressorte pas les épouvantails éculés de la perte des acquis
sociaux et du largage. Le président français, Nicolas Sarkozy, a répété
encore la substance de ce qu’il avait martelé à l’aéroport Aimé Césaire : “je
ne laisserai personne caricaturer le débat et je redis, à cet égard que les questions
posées ne portent en rien sur l’indépendance. La Martinique et la Guyane ont
toute leur place dans la République et quel que soit le choix qui sera fait par nos
compatriotes, il sera respectable. La Martinique et la Guyane sont françaises et le
resteront. Je m’en porte le garant” (France- Antilles du 8 octobre 2009).
Par ailleurs, personne de sensé n’a dit que le 74 “à lui seul” constitue “le
remède miracle du mal être et du mal développement martiniquais”. Mais ce
que nous disons, et démontrons, c’est que, au stade où nous sommes
parvenus, il est un outil. Un outil nécessaire et pas suffisant. Pas de “fétichisme”
pour un quelconque article de la Constitution.
On nous retorque doctement qu’il faut d’abord un Projet pour le Pays Martinique,
un projet débattu démocratiquement.
Mais, même s’ils ne sont pas parfaits et sont perfectibles, le Schéma Martiniquais
de Développement Economique(SMDE) et l’Agenda 21 tracent
des axes stratégiques et des orientations pour les 20 ans à venir. Ils ont
fait l’objet de réunions de démocratie participative à travers le pays, qui
certes auraient pu être plus fréquentées.
Alors, pour défendre l’immobilisme et/ou l’évolution minimale, on nous dit
qu’en 2003 le “73” était quasi “révolutionnaire” et pourquoi serait-il tout
d’un coup “réactionnaire” en 2009 ? Là aussi, personne n’a jamais dit que
le “73” était “révolutionnaire” en 2003. Il nous souvient que ses partisans insistaient
sur le fait qu’il ne constituait qu’un “petit pas” vers la responsabilité.
Petit pas refusé par nombre de ceux qui, aujourd’hui, s’y raccrochent
pour freiner l’avancée vers l’autonomie possible.
En outre, il faut souligner qu’à l’époque on ignorait que la loi organique
du 21 février 2007 allait singulièrement restreindre les apparentes
avancées ouvertes par la réforme constitutionnelle de mars 2003 sur la
possibilité d’obtenir des habilitations à légiférer dans le cadre de l’article
73. Beaucoup d’espoirs et d’illusions sur ce “super 73” sont tombés depuis.
On en est là aujourd’hui et tout le reste sur le thème d’une prétendue
“troisième voie” ou article Biancarelli n’est que vaine spéculation.
Et puis, surtout, entre 2003 et 2009, il y a eu la crise sociale de février-mars
2009 qui, selon tous les observateurs sérieux, a montré, au-delà de la
conscience qu’en ont eue les acteurs du mouvement, que le système départementaliste
de l’article 73 avait atteint ses limites. Il s’agissait d’une crise globale (“systémique”, disent les
sociologues) nécessitant une réponse appropriée, c’est-à-dire audacieuse.
Nous sommes face à nos responsabilités historiques.
Les replâtrages proposés par les partisans du “73” dopé avec trois ou
quatre habilitations de compétences négociées pour six ans et ne pouvant
être instaurées d’ailleurs que par des lois organiques, faut-il le préciser, ne
sont pas à la hauteur de la profondeur de la crise martiniquaise.
Il faut sortir sans crainte de l’assimilation et dépasser la départementalisation.
Engageons avec confiance et l’esprit tranquille la bataille du Changement
et de la Responsabilité. Matinik sé ta nou, sé pou la viktwa nou ka alé !

