Sommaire
Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- le “rassemblement” en mouvement
Social . . . . . . . . . . . .p. 4/5
- mobilisation du K5f
- Souffrance au travail
Education . . . . . . . . . . .p. 5
- pacte de carrière : déception
Société . . . . . . . . . . . . .p. 6
- chlordécone
Eco-Social . . . . . . . . .p. 7/8
- transport
- pétrole en mer en martinique
Débat Statutaire . . .p. 9/15
- le rmc passe à l’offensive
- partisans du 74 face à la crise
- article biancarelli
- Votons cachés pour voter heureux
- appel des maires au président
- mot d’ordre de l’autonomie
France . . . . . . . . . .p. 16/17
- contre la privatisation de la poste
- france telecom
Dans le Monde . . . .p. 18/19
- Honduras / Guinnée / crise
Annonces Légales .p. 19/27
Mémoire du Peuple . . .p. 28
- léopold bissol
EDITO
le “rassemblement” en mouvement pour l’autonomie
Les Martiniquais ont en mémoire la présence massive du patronat local, avec à sa tête la caste békée, dans l’atelier “gouvernance”, sa volonté de mettre à profit les États généraux pour contrer toute évolution statutaire de notre pays dans le cadre de l’article 74 de la Constitution. Ils voulaient discréditer du même coup ceux qui défendent cette option, la seule qui, objectivement, puisse permettre à la Martinique d’accéder à cette l’autonomie dont elle a tant besoin pour son développement harmonieux. Force est de constater, en lisant la synthèse des États généraux de la Martinique, que la tentative s’est soldée par un relatif échec.
En effet, en dépit de la pression que n’ont cessé d’exercer ces capitalistes accrochés à leurs privilèges, le rapporteur martiniquais a clairement indiqué qu’il a utilisé, entre autres documents, l’Agenda 21 et le Schéma Martiniquais de Développement, manière de reconnaître l’important travail réalisé par le Conseil général et le Conseil régional respectivement. Honnête, il a attiré l’attention sur la nécessité d’une “consultation non précipitée”, allant ainsi à contre-courant de la position de la droite, du patronat et du “PPM nouveau”, qui eux, veulent aller vite, précipiter les choses afin que la campagne d’explication des partisans de l’autonomie dans le cadre du 74 ne porte pas ses fruits. Il a aussi, et cela est capital, mis l’accent sur le concept de “développement endogène” et fait ressortir l’impossibilité, si on veut que la Martinique change véritablement, de dissocier la question économique de la question politique.
Cet échec du patronat et de la droite ne doit cependant pas conduire les partisans du changement dans la responsabilité à baisser la garde; car le combat idéologique et politique ne fait que commencer. Il sera d’autant plus ardu que la frontière traditionnelle entre la droite et la gauche a volé en éclats, du fait qu’il s’est créé objectivement un “front commun” du 73 regroupant la droite départementaliste, le “PPM nouveau” et les socialistes. Le terrain d’entente entre ces gens-là, c’est d’une part la création d’une collectivité unique article 73 – celle-là même que la droite avait combattue farouchement en 2003 et que le PPM avait défendue mollement, sans aucune conviction, et d’autre part une consultation populaire urgente. Ce “front commun” prétend en paroles ne plus vouloir du statu quo, que le grand chef Sarkozy en personne a déjà condamné. Qui plus est, le “PPM nouveau”, ne s’est pas gêné pour reprendre à son compte un projet de “3è voie” élaboré dans les officines de la droite parisienne. C’est surtout le maintien d’un régime assimilationniste qui est le ciment de cette union contre nature, en dépit des pseudo- habilitations à réglementer ne pouvant être accordées qu’au compte-goutte. Il s’agit d’un replâtrage du système actuel. Là réside la vraie ligne de partage aujourd’hui.
La direction du “PPM nouveau” -parti influent mais à orientation de plus en plus droitière, malgré un langage soi-disant nationaliste et de gauche- est engagée dans une lutte pour le pouvoir contre Claude-Lise et Alfred Marie-Jeanne. Oubliant que le PPM est né d’une scission qui a terriblement affaibli les masses populaires martiniquaises, oubliant que le PPM a accueilli les bras ouverts des transfuges tels que Edouard Delépine (ancien dirigeant communiste puis GRS) et Jean Crusol (ancien dirigeant socialiste), l’actuelle direction ne pardonne pas à Claude Lise d’avoir claqué la porte et créé son propre parti. Quant à Alfred Marie-Jeanne, il est craint pour son charisme et ses idées indépendantistes, bien que dans le combat actuel il soit question d’autonomie et non pas d’indépendance.
Le “PPM nouveau” joue frauduleusement de l’héritage d’Aimé Césaire, dans une vaine tentative de faire croire que, de ce fait, c’est lui qui détient la vérité en matière d’autonomie. Il est pressé d’obtenir, avec ses nouveaux alliés, une collectivité unique article 73, oubliant le chat en sak de feu Camille Darsières et des békés. Peu lui importe que son “autonomie constitutionnelle” soit une chimère, un objet impossible à atteindre, que ce soit dans 5 ou dans 12 ans. Ce qui compte pour lui, c’est de faire échouer le 74, de renvoyer aux calendes grecques toute autonomie véritable.
La mission du Rassemblement Martiniquais pour le Changement consiste, dans ces conditions, à convaincre le peuple martiniquais de la nécessité de l’autonomie pour sortir le pays de la crise, à vaincre la peur du changement que l’on cherche malhonnêtement à lui inoculer, à lui expliquer clairement l’importance de la prochaine consultation populaire, dont dépend son avenir sur les plans politique, économique, social et culturel. Ses initiatives ont lancé le mouvement.
Objectif premier : réussir le Grand Rassemblement Citoyen du dimanche 18 octobre à 9 heures au stade Georges Gratiant du Lamentin.

