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JUSTICE 89e Année Edition N°39 Jeudi 24 Septembre 2009

   Ecrit par : Webmaster - Justice   in Edition

Justice 39_Presse

SOMMAIRE

Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- le choix de la Responsabilité
Eco-Social . . . . . . . . . .p. 4
- la martinique face à la crise
Luttes Sociales . . . . . . .p. 5
- g. Joachim-arnaud au sRPJ
Société . . . . . . . . . . .p. 6/8
- V.a.e.
- Pesticides
- l’affaire marny
Point de Vue . . . . . . . . .p. 9
- Reconstruction de lycée schoelcher
Tribune . . . . . . . . . .p. 9/11
- en finir avec notre mendicité
Débat Statutaire . . .p. 11/13
- g.R.s. : du maximalisme à l’immobilisme
- Chamoiseau pour la “3ème voie”
Santé . . . . . . . . . . . . . .p. 14
- grippe a – aVC
France . . . . . . . . . . . . .p. 15
- Rencontre PCm-PCF
- taxe Carbone
Dans le Monde . . . .p. 16/17
- alba – israël – Cuba – l’avenir du
monde
Annonces Légales .p. 17/23
Sonjé . . . . . . . . . . . . . .p. 24
- insurection du sud

EDITO

ARTICLE 74 : PAS UNE SIMPLE QUESTION D’ARTICLE, MAIS
LE CHOIX DE LA RESPONSABILITÉ MARTINIQUAISE

La cause est entendue pour certains. On ne se bat pas pour des articles 73
ou 74. La Martinique ne se réduit pas à un numéro (Serge Letchimy). Ce
n’est pas l’article 73 ou l’article 74 qui va résoudre la question de la vie
chère, des bas salaires, du pouvoir d’achat, de l’emploi, des transports,
de la santé, etc (Ghislaine Joachim-Arnaud). La Martinique n’est pas divisée
par “deux articles à la queuleuleu de la Constitution française”mais par
les antagonismes entre exploiteurs et dominés, entre dominants et dominés
(Max Dorléans, Gilbert Pago et Philippe Pierre-Charles). Et le dernier en
date : le choix n’est pas entre “l’archaïsme des « assimilationnistes” qui
prennent l’auto-néantisation pour de la sécurité” et “l’immaturité des
“soixante-quatorzistes” qui, en dépit d’un contexte particulier, prennent le
risque de perdre la consultation en fétichisant un article” (Patrick Chamoiseau).
Le choix serait la troisième voie du néo-PPM qui prend en compte la
question de la responsabilisation..

Et bien oui ! Le débat sur le choix entre les articles 73 et 74 de la Constitution
est un débat politique majeur qui recouvre une question fondamentale
: oui ou non, nous assumons notre existence en tant que peuple et
donc nous devenons acteur de notre devenir et non plus spectateur de
notre destin voire complice de notre destruction.

Aujourd’hui, l’article 73, au-delà des subtilités juridiques sur la prétendue
expérimentation et la pseudo l’habilitation législative, c’est d’abord l’acceptation
que priment des lois, des règlements, des normes élaborées
pour un peuple ayant 2000 ans d’histoire, pour une économie super développée,
pour un pays-la France- situé en Europe, et qui s’appliquent à un
petit pays ayant 4 siècles et demi d’histoire dont 3 siècles d‘esclavage,
une économie mal- développée et sous-développée, ayant subi 60 ans
d’intégration forcenée et imbécile du fait de la départementalisation, situé
dans la Caraïbe. Un pays acculé à une crise sociétale profonde et à une
impasse sans espoir.

L’article 74, c’est la possibilité pour la collectivité de Martinique de fixer de
manière permanente les règles qui lui sont propres dans les domaines énumérés
par une loi organique et donc de tenir compte de notre réalité sociale,
économique, géographique, culturelle, historique, etc.

C’est précisément une voie plus sûre de la responsabilisation collective que
celle du maintien dans l’article 73, même assorti d’habilitations à légiférer
temporaires, limitées et encadrées : une réforme concoctée par le pouvoir
sarkozyen (comité Balladur). C’est surtout la possibilité d’engager
un processus de changement du modèle de développement et d’appréhender
de manière plus efficace les questions du transport, de l’éducation,
de la terre, de la vie chère, de la création d’activités diversifiées et donc de
créer l’emploi, de protéger notre patrimoine, etc. Et donc celle du pouvoir
d’achat conçu non plus en terme exclusif de consommation importée
mais de développement endogène. Et cela tout en conservant le bénéfice
des acquis sociaux arrachés principalement par les communistes martiniquais
qui seront intransigeants sur cela.

C’est la possibilité d’inverser le processus accéléré et irréversible de
destruction de notre collectivité humaine qui ne nous laisse pas le temps
de nous livrer à des expérimentations aléatoires en attendant que la France
veuille bien changer de Constitution pour nous consentir une Autonomie
idéale.

Bien sûr, il existera des exploiteurs et des exploités et des dominants et des
dominés. Mais, selon la nature et l’orientation du pouvoir qui sera mis
en place, les nouvelles prérogatives seront utilisées ou non pour limiter
l’appétit des exploiteurs et des possédants. C’est une question qui est distincte
de l’obtention du nouveau statut.

Dire que ce n’est pas le bon moment car l’Etat français se désengage sous
les coups de la crise capitaliste n’est pas recevable. En inversant le raisonnement,
on s’aperçoit que, débat institutionnel ou pas, l’Etat se désengage
déjà. Par exemple, la faiblesse du plan Corail Jego de relance dénoncé
par les capitalistes martiniquais les amène, non sans arrière-pensées politiciennes,
à se retourner vers les assemblées locales. Il faut donc
d’urgence engager le Changement sans délai.

Que les socialistes retombent finalement du côté de l’assimilation et de
l’article 73 et que certains d’entre eux renient leur vote au Congrès, ce n’est
pas pour nous surprendre. Ils sont coutumiers des trahisons et des renoncements
dès que se profilent des résistances au Changement. Or
celles des représentants de l’oligarchie sont puissantes contre l’Autonomie
permise par l’article 74. Tous leurs réseaux sont sur le pied de
guerre.

Que Patrick Chamoiseau trouve plus de vertu à la troisième voie de Serge
Letchimy, ne nous étonne pas non plus. Il y a quelques années il a développé
la théorie fumeuse du “marronnage institutionnel” pour donner un
semblant de lustre idéologique au lâchage du PCM par Pierre Samot qui
semble en être revenu.

Le choix n’est donc pas entre l’archaïsme et l’immaturité, mais entre
l’assimilationnisme mortifère et l’esprit de Responsabilité et de dignité.
Et aussi le courage de tenir bon le cap de l’Autonomie.

On voit bien que derrière la question des articles 73 et 74 il y a un enjeu politique
central qui engage l’avenir du Pays Martinique.

Ayons confiance en nous-mêmes !

Michel Branchi

Michel Branchi

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Cet article a été publié le Jeudi 24 septembre 2009 à 20 h 52 min et est classé dans Edition. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Les commentaires sont fermés mais vous pouvez faire un trackback depuis votre propre site.

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