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JUSTICE 89e Année Edition N°38 Jeudi 17 Septembre 2009

   Ecrit par : Webmaster - Justice   in Edition

Justice 38_Presse

Sommaire

Sa ka Pasé . . . . . . . . . . p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . p. 3

- Lutter contre la vie chère
Luttes Sociales . . . . p. 4/6
- mobilisation le 3 octobre ?
Evolution Statutaire .p. 6/7
- “objectif 74” ouvre le débat
- Le r.m.c. entre en campagne
Eco-Social . . . . . . . . .p. 7/8
- carburant
Fête de l’Huma . . . . . . .p. 9
- volonté de combattre la droite
Economie . . . . . . . .p. 10/11
- Les preuves de la “pwofitasyon”
Université . . . . . . .p. 12/13
- L’u.A.G. face à son autonomie
Société . . . . . . . . . . . .p. 13
- plainte sur le chlordécone
- p. Girot de langlade mis à la retraite
- brice hortefeux raciste ?
Dans le monde . . . .p. 14/15
- chavez signe des accords
- haïti/cuba
- cisjordani
- unoAmerica, fer de lance des droites
- honduras
Lu dans la Presse . . . .p. 16
- Le grand retour de marx
Annonces légales . .p. 17/19
Culture . . . . . . . . . . . .p. 20
- Abbé Grégoire
- Journée du patrimoine

EDITO

Lutter Contre La “Vie Chère” Est Un Impératif Absolu En Martinique

La lutte contre la “vie chère” et la “pwofitasion”, qui a été le moteur
de la mobilisation massive des peuples guadeloupéen et martiniquais
au début de l’année 2009 est plus que jamais d’actualité, maintenant
que la crise du système capitaliste mondial a commencé à faire
sentir ses effets dévastateurs dans nos départements-colonies et que
l’Etat français se trouve confronté aux pires difficultés financières.

Certes, l’appréciation même de cette cherté et de ses conséquences
varie selon les classes sociales. Les ressources et les
conditions de vie d’un prolétaire n’étant nullement comparables à
celles d’un bourgeois ou d’un petitbourgeois par exemple. Mais il est
indéniable que globalement les Martiniquais ont de plus en plus de
mal à joindre les deux bouts, à satisfaire leurs besoins élémentaires,
même quand ils ont la chance d’avoir en emploi, à cause des prix
trop élevés. Par ailleurs, la société de consommation engendrée par
le capitalisme post-industriel crée sans cesse des besoins nouveaux,
souvent artificiels et dont la satisfaction nécessite des dépenses qui
ne font qu’aller en croissant.

Pour bien appréhender le problème de la cherté de la vie, il convient de
se rappeler en outre, que la Martinique est un département d’outremer
français totalement dépendant de sa “métropole”, passablement
aliéné culturellement de surcroît, et que de ce fait la tentation y est
grande d’établir des comparaisons non pas avec les pays voisins de la
Caraïbe et d’Amérique Latine mais avec la France, “mère patrie” et
“mère nourricière”. Nous en arrivons ainsi à oublier la géographie, la distance
qui nous sépare du continent européen et qui fait que les prix des
produits importés soient nécessairement supérieurs à ceux pratiqués
dans le pays d’origine.

Cela dit, la révolte de févriermars en Martinique était plus
que justifiée, même si tous les “profiteurs” n’ont pas été clairement
identifiés, et en dépit de certains propos excessifs
ou de certains comportements isolés, perçus comme racistes
ou anti-blancs. Le peuple martiniquais a exprimé à cette occasion
ses insatisfactions, a crié sa soif de justice et d’égalité
effective, et posé, sans le dire expressément, le problème
de sa responsabilité dans la gestion des affaires internes
de son pays, tout en mettant l’Etat française face à
ses responsabilités, notamment dans le domaine de l’emploi
et de la lutte contre l’exploitation excessive.

Habile politicien, Nicolas Sarkozy n’est pas resté sans réagir à la révolte
des Antillais, à celle un peu plus ancienne des Guyanais, ainsi
qu’à celle moins dramatique des Réunionnais. Et parmi les mesures
qu’il a prises, il y a notamment la tenue des Etats Généraux de l’outre-
mer et la saisine de l’Autorité de la concurrence.

Saisie par le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer sur la concurrence
dans les départements d’outremer, l’Autorité vient de remettre
son rapport, “relatif aux mécanismes d’importation et de commercialisation
des produits de grande consommation”. Ledit rapport a aussitôt
été rendu public, ce qui a déjà donné à un début de controverse, à
cause des vérités gênantes pour les “profiteurs” qu’il révèle.

Les lecteurs de Justice auront le loisir de découvrir les appréciations
du Parti Communiste Martiniquais sur les analyses et préconisations
de l’Autorité, laquelle, disons-le tout de suite, se place strictement sur le
terrain du libéralisme cher à la droite et ne préconise rien de révolutionnaire.
On ne sera pas étonné en lisant le rapport de constater la
place qu’occupent les importations de produits alimentaires dans les
DOM, donc en Martinique. Là on touche du doigt un problème capital
qui est celui de notre survie en cas d’interruption de ces importations
pour une raison ou une autre. Ce problème à lui tout seul suffirait
à justifier la nécessité de l’Autonomie de notre pays dans cette
phase cruciale de son histoire : une autonomie synonyme de Responsabilité
au sens plein et multiple du terme, synonyme d’esprit d’initiative,
de créativité, de démocratie et de justice sociale.

Le Collectif du 5 février qui vient de tenir un grand meeting à Fort-de-
France doit continuer le combat avec lucidité et détermination, mais
aussi en tenant compte de la l’impérieuse nécessité de lier lutte syndicale
et lutte politique, de se joindre au combat que mènent de
leur côté les organisations politiques anticapitalistes et anticolonialistes.

En attendant, il convient d’exiger du gourvernement l’instauration
d’un vrai contrôle des prix de produits de grande consommation.

M. Belrose

M. Belrose

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Cet article a été publié le Mercredi 16 septembre 2009 à 20 h 10 min et est classé dans Edition. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Les commentaires sont fermés mais vous pouvez faire un trackback depuis votre propre site.

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