Sommaire
Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . .p. 3/4
- se rassembler contre la crise
Luttes Sociales . . . . .p. 4/5
- crise : ravages pour les salariés
Tribune . . . . . . . . . . .p. 6/7
- nécessité d’une évolution
Guandeloupe . . . . . . . . .p. 7
- obligés de descendre dans les rues
politique-eco . . . . . . . . . . . . . .p. 8/9
- M.-L. penchard face au carburant
- rentrée 2009/2010
Féte de l’Huma . . . . . . .p. 9
- Le rendez-vous des luttes sociales
santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 10
- grippe a
France . . . . . . . . . .p. 11/12
- où va la gauche française ?
- quand sarkozy menace les banques
Notre Amérique . . . . . .p. 13
- accord u.s.a./ colombie
Annonces Légales .p. 14/15
Portrait . . . . . . . . . . . .p. 16
- toussaint Louverture (suite & fin)
EDITO
Se Rassembler Contre La Crise ? Oui, Mais Dans La Clarté Et Dans La Perspective De La Responsabilité
Martiniquaise
Nous écrivions il y a deux semaines : “le feu couve sous la cendre”.
Notre analyse est confortée par l’initiative inhabituelle du patronat martiniquais
au grand complet.
En effet, le jour même où , la semaine
dernière jeudi 27 août , Justice,
titrait “l’aggravation de la crise
martiniquaise” et “l’urgence d’un projet
martiniquais”, la Chambre de
Commerce et d’Industrie de la Martinique
réunissait le banc et l’arrièrebanc
du patronat et de ceux qu’on
appelle les “socio-professionnels”
pour jeter un cri d’alarme face à la
crise “exceptionnelle” que le pays traverse.
Baisse d’activité du petit commerce de 30 à 40 %, baisse du chiffre d’affaires
de la grande distribution de 7 à 20 %, chute de 15 % de l’activité
dans l’hôtellerie et perte de 500 emplois dans ce secteur, 30 % de
baisse sur les livraisons de voitures, perte de 2 000 emplois dans le BTP
et autant d’emplois indirects soit au total 4 000 emplois, etc. Tous les
secteurs sont dans le rouge, tel est le constat.
La Chambre de commerce “découvre” que l’INSEE a annoncé qu’en
2008 la Martinique, pour la première fois de son histoire (statistique s’entend),
a connu la “récession”, c’est-àdire le recul de son activité et cela
AVANT le mouvement du 5 février. Claude Pompière, le président de la
CCIM, a enfin dû reconnaître que tous les maux de la Martinique ne
provenaient pas du “blocage” de l’économie, comme vont le répétant
ses pairs.
Il déclare que la crise que nous connaissons est “la plus grave que
nous ayons connue de mémoire de Martiniquais”. C’est bien vrai. Il fait
un pas… en reconnaissant l’évidence.
Patrick Lecurieux-Durival, le président du MEDEF-Martinique, diagnostique
: “Il y a des pans entiers de notre économie qui s’effondrent”.
C’est aussi vrai.
Deux jours auparavant, au Tribunal mixte de Commerce de Fortde-
France, 11 sociétés étaient mises en liquidation et 57 salariés
de plus tombaient dans le trou noir du chômage.
Ce jour-là, l’hôtel Anse Caritan de Sainte-Anne, fleuron du tourisme,
rendait son dernier soupir, faute de repreneur, provoquant la perte
de 37 emplois.
Il faut donc se féliciter que les acteurs économiques aient compris
qu’il faut un plan de relance martiniquais. L’idée de se constituer
en Front uni pour sauver les entreprises et les emplois part théoriquement
d’un bon mouvement. Curieusement, la création dans la
foulée le 28 août par le député-maire de Fort-de-France, Serge Letchimy,
d’un “comité de relance économique” face à la crise, constitué autour de
chefs d’entreprises et d’élus, pourrait en principe ressortir de la même dynamique.
A suivre cependant. Les détenteurs des leviers économiques
martiniquais n’ont pu, en outre, que constater l’inefficience du
plan de relance Corail d’Yves Jego annoncé à grand renfort de com.
Dont acte.
Mais alors que proposent-ils ?
Premièrement : l’application effective des mesures gouvernementales, notamment
la Lodéom dont les décrets d’application tardent à être publiés.
Parce que les caisses sont vides pour financer les zones franches et
les exonérations de charges patronale?
Deuxièmement : le soutien aux secteurs phares de l’économie locale
que sont le tourisme et le BTP. S’agissant du BTP, il est réclamé
“une relance de la commande publique”. Bonne idée : il y a tant à faire
dans ce pays en matière d’infrastructures et de logement social. Et
les projets ne manquent pas, dit-on. Mais comment ? Avec des collectivités
exsangues ? Et l’Etat ? Et les banques ?
Troisièmement : la restauration de la confiance. Cela veut dire en bon parler
capitaliste qu’il faut éclaircir les perspectives de réaliser des profits.
Allusion limpide au mouvement du 5 février et au débat institutionnel. Mais
“le retour de la confiance” implique que les acteurs économiques martiniquais
prennent conscience enfin que la révolte populaire de févriermars
2009 n’est pas la cause (principale ou secondaire) de la crise
économique, mais la conséquence de la crise. Non pas de la seule économie
mais de la société martiniquaise toute entière. Une crise de
société née de l’épuisement historique du système colonial départemental.
Sarkozy l’a, semble-t-il, compris en évoquant le 19 février à
l’Elyzé devant les élus des DOM de “fin d’un cycle historique« .
En demandant que “la population martiniquaise soit consultée le plus rapidement
sur la question de notre avenir institutionnel”, Claude Pompière
et ses émules ont montré cependant le coin de l’oreille. En déclarant à
RFO que ce n’est pas en discutant sur les articles 73 et 74 que l’on va
résoudre les problèmes, le président de la Chambre de Commerce a franchement
franchi la ligne jaune. Les milieux possédants ne veulent
pas, comme leurs amis FMP Laventure et Lesieur et leurs alliés objectifs
le néo-PPM de Letchimy, que le peuple ait le temps de se prononcer
en toute connaissance de cause sur le changement statutaire.
Or il ne faut pas, une fois de plus, opposer les problèmes économiques et
les questions politiques et institutionnelles. Cela nous a menés chaque
fois à l’impasse. Les problèmes économiques impliquent des choix et
des engagements politiques. Ainsi les choix et les méthodes d’esbroufe
de Jego pèsent sur la conjoncture actuelle.
De même, il ne faut pas opposer l’urgence, par exemple, d’une relance
de l’activité du BTP et la mise en place d’un plan de développement
endogène grâce aux nouveaux instruments que donneraient une Collectivité
autonome de Martinique. Il faut distinguer le court terme qui nécessite
des mesures immédiates et le moyen et long terme pour agir sur
les structures de notre économie. De la même manière, il convient de
ne pas séparer exagérément la solution des grands problèmes sociaux
de la conquête de la responsabilité martiniquaise.
Se rassembler pour combattre la crise et aller de l’avant, oui. Mais se
rassembler pour jeter la confusion et défendre en réalité les privilégiés du
système, non. Pas d’union sacrée dans l’immobilisme.
Tags: carburant, crise, grippe A, H1N1, rentrée, rentrée 2009/2010





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