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MAGAZINE HEBDOMADAIRE D'INFORMATION COMMUNISTE

JUSTICE 89e Année Edition N°35 Jeudi 27 Aout 2009

Justice 35_Presse

Sommaire
Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- luttes sociales et évolution statutaire
: un même combat
Social. . . . . . . . . . . . . . .p.4
- les 9 d’only contre le chômage
- victoire des pompistes
France. . . . . . . . . . . . . .p. 5
- brèves économiques
Tribune. . . . . . . . . . .p. 6/7
- daniel boukman contre les serpent
à venin
Politique /Eco. . . . . . . .p. 8
- la crise économique et sociale en
martinique
Eco/Société. . . . . . . . . .p. 9
- Structure de l’emploi en martinique
Dans le monde. . . . . . .p. 10
- afhanistan -japon
Etats-Unis. . . . . . . . . . .p. 11
- obama et le système de santé
Sport. . . . . . . . . . . . . .p. 12
- bolt, c’est déjà demain
Annonces légales. .p. 13/15
Portrait. . . . . . . . . . . .p. 16
- toussaint louverture, père de
l’émancipation des esclaves

EDITO

luttes sociales et évolution statutaire : un même combat

Chacun doit le reconnaître : la période que nous vivons est particulièrement
troublée. Nombre de nos compatriotes, face à la crise capitaliste
qui s’est abattue sur le monde et qui aggrave la situation dans notre
pays, se sentent fragilisés et ont perdu certains repères. Et l’attitude
de certains partis, responsables politiques ou acteurs très engagés dans
le mouvement social ne contribue pas toujours à clarifier la situation.
Ainsi, à gauche certains qui pourtant se présentent comme étant les autonomistes
de la première heure ont, à travers un discours des plus ambigus,
objectivement rejoint les partisans du statu quo ou du changement
à minima. Ils sèment le trouble dans les esprits, distillent un message qui
se veut sécuritaire sur le thème “d’un tiens vaut mieux que deux tu
l’auras”, prônent une “troisième voie”, demandent une “constitutionnalisation”
des acquis sociaux, pourtant garantis dans l’un comme dans l’autre
cas. Si tant est qu’il suffit qu’un droit soit inscrit dans une Constitution
pour qu’il soit réellement garanti. Il en est du droit au travail, inscrit
dans les lois fondamentales de tous les Etats, et constamment bafoué
par tous les pays capitalistes Peuvent-ils se permettre encore de
jouer la montre face à la gravité de la situation de notre pays et à l’urgence
à apporter des réponses politiques aux multiples problèmes auxquels il
se trouve confronté ?

Un autre stratège, Jean Crusol, champion en virement de bord politique,
met en avant sa qualité de professeur pour lancer sur Internet,
sous le couvert d’une comparaison entre les articles 73 et 74, un argumentaire
en faveur d’une évolution à minima en présentant l’autonomie
comme une démarche à risque porteuse de régression sociale, un saut
dans l’inconnu au motif- fallacieuxque les acquis sociaux ainsi que les
crédits européens ne seraient pas garantis par l’article 74. Un énorme mensonge !

Et ce sont des plumitifs de cette même encre qui ont multiplié – et
multiplient encore – les tribunes dans la presse pour disqualifier le mouvement
social du 5 février, présenté comme les prémisses de l’anarchie
qui règnerait à la Martinique en cas de domiciliation ici du moindre embryon
de pouvoir local. Faisant la sourde oreille aux propos tenus, ici,
lors de l’inauguration de l’aéroport par le président de la République, qui
a sérieusement tancé ceux qui continueraient à entretenir “le virus de la
peur”.

Mais le danger de déstabilisation de l’opinion ne se circonscrit pas uniquement
à ceux de ce bord-là. Il vient aussi de ceux qui se disent authentiquement de gauche et qui
tentent, avec d’autres arguments à dissocier les luttes sociales actuellement
engagées – notamment depuis le 5 février- du combat en faveur
d’une évolution vers une véritable autonomie.

L’argument souvent avancé étant que, article 73 ou article 74, autonomie
ou pas, les travailleurs seront toujours confrontés au même patronat
toujours aussi rapace, toujours attaché à l’exploitation des travailleurs.
Argument certes vrai, mais beaucoup trop court pour justifier
une quelconque attitude de méfiance, voire d’hostilité à l’égard du
“Rassemblement Martiniquais pour le Changement” lancé le 29 juillet 2009.
Car la lutte syndicale, si déterminée, si radicale soit-elle, suffira-t-elle à
changer fondamentalement l’ordre économique et social dans ce pays.
Certes les syndicats sont bien dans leur rôle quand ils dénoncent le chômage.
Mais cela suffit-il pour créer des emplois ?

Le mouvement social du 5 février a bien montré à quel point, le peuple,
toutes composantes sociales confondues, rejetait le système néocolonial
actuel et aspirait à la mise en place d’une politique nouvelle.
Ce qui implique la conquête d’un véritable pouvoir de décision martiniquais.

Il a aussi montré l’incapacité du système actuel à concrétiser les revendications
scandées pendant ces cinq semaines par ces milliers de Martiniquais.

Car comment mettre fin à la “profitasyon” tant décriée, comment
contrôler la formation des prix, comment sortir de cette économie de
consommation pour s’engager dans la voie d’une véritable politique de
développement durable et de création d’emplois, comment pouvonsnous
envisager une solution globale de l’angoissant problème de l’énergie
sans un pouvoir politique martiniquais ?

Car comme le disait Armand Nicolas “Tant que le pouvoir restera dans les
mains des néocolonialistes et de l’aristocratie locale, la Martinique restera
comme avant”.

Face à la gravité de la situation, il devient évident que les forces vives du
et en particulier à celles qui sont engagées dans le mouvement social -
doivent s’assigner des objectifs qui vont au-delà de la lutte syndicale.
L’histoire a montré que, dans les pays colonisés, seule l’union de
toutes les forces anticolonialistes peut conduire à la victoire, sur la
base d’objectifs réalistes. C’est-àdire aujourd’hui en Martinique l’Autonomie
démocratique et populaire, avec le peuple et au service du peuple.
Les bases de ce grand Rassemblement martiniquais pour le
changement ont été jetées. Il appartient à tous ceux qui vivent le
drame martiniquais au quotidien, et surtout les acteurs sociaux, de rejoindre
le mouvement du 29 juillet 2009.

Aucun martiniquais, soucieux de l’avenir de son pays, ne peut laisser
passer cette occasion de conquérir ce pouvoir qui nous fait tant défaut.

G. Erichot

G. Erichot

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