SOMMAIRE
Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- Le feu couve sous la cendre
Luttes sociales . . . . . . . . . . . . . .p. 4
- L’accord du 11 mars pour tous
- probati : salarié dans l’angoisse
- plus de services pour les pompistes
congrès du 18 Juin . . . . . . . . . . .p. 5
- résolution N°6
sports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 6
- coup de bolt pour l’athlé
economie . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 7
- Livret a au plus bas
- prix des carburants
tribune . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 8
- adhésion enthousiaste à l’article 74
débat statutaire . . . . . . . . . . . . .p. 9
- pierre marie-Joseph
economie . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 10/11
- reprise en France ?
- Le capitalisme incorrigible
- La poudre aux yeux
média . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 12
- Latifundia de l’information
- Honduras en lutte
annonces légales . . . . . . . . . .p. 13/21
culture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. 20
EDITO
LE FEU COUVE SOUS LA CENDRE
Malgre la crise, les Martiniquais ont essaye de jouir de leurs vacances.
Le tour des yoles a connu un succes immense et festivals culturels et
fetes patronales ont fait le plein. Pourtant les agences de voyages
nous disent que nos compatriotes ont ete moins nombreux a partir,
qu’ils ont fait des sejours moins longs a l’exterieur et sont partis
moins loin. Donc la crise est la et bien la.
Ce n’est pas pour rien que, coup sur coup, deux organismes officiels (l’INSEE
et l’IEDOM) nous ont revele que la Martinique est en recession
depuis 2008, voire 2007, et que l’economie plonge dans le marasme
depuis le debut de cette annee 2009. Il n’y qu’a se referer au BTP
en chute libre qui a perdu des centaines d’emplois et au nombre de
demandeurs d’emploi qui grimpe. Les redressements et liquidations judiciaires
montent en fleche devant le tribunal mixte de commerce de Fort-de-France.
Le feu couve sous la cendre
C’est trop facile pour le patronat des Patrick Lecurieux-Durival (Medef) et
Pierre Marie-Joseph (AMPI) de tout mettre sur le dos du mouvement de
fevrier- mars 2009. Ainsi pour le representant du Medef,
“la crise est profonde aujourd’hui” et il en attribue la
cause a trois facteurs : le retard dans l’application de la Lodeom (loi pour
le Developpement de l’outre-mer), le blocage de l’economie (NDR : par la
greve de fevrier- mars 2009) et le debat sur l’evolution institutionnelle
qui freinent aujourd’hui les investissements (cf France-Antilles du
5/08/2009). Mais ce ne sont la que des ombres portees de la crise du
systeme colonial departemental accentuee par les premiers effets de la
crise capitaliste internationale. Et c’est vrai que les syndicats ont
raison de s’inquieter de voir les choses trainer en ce qui concerne
l’application des accords passes. Le Revenu supplementaire temporaire
d’activite (RSTA) est cense concerner 50 000 personnes gagnant
moins de 1,4 fois le SMIC. Seulement 7 000 l’avaient percu
debut aout dernier. L’arrete d’extension de l’accord regional interprofessionnel
(ARI) a enfin été pris le 29 juillet, tout en n’etant pas
obligatoire pour les entreprises de moins de 11 salaries qui forment
l’essentiel du tissu economique martiniquais. Et l’application sur
l’accord de baisse des prix Bcba comporte encore trop de lacunes
(ruptures). Il est temps, a ce propos, de transformer cet accord en
decret de baisse des prix contraignant et de reinstaurer sans delai
le controle des prix.
La question du prix des carburants est restee au devant de l’actualite
ces derniers mois, notamment avec la publication de nouveaux
rapports : Autorite de la concurrence et Assemblee nationale
francaise. Il est legitime d’exiger que la prime de vie chere arrachee de
haute lutte soit appliquee aux salaries pompistes. Et il est certes tout
aussi legitime de refuser toute augmentation des prix a la pompe tant
que la transparence la plus totale ne sera pas faite sur la constitution du
prix. Mais il faut aussi et surtout prendre en compte la question de
l’avenir de la SARA et du maintien des emplois des pompistes : plus de
1 500 emplois en jeu pour la seule Martinique. D’aucuns sont prets a se
saisir de la crise petroliere pour appliquer leurs solutions neoliberales
toutes faites et transformer la raffinerie en simple depot, mettre des
automates dans les stations sous pretexte de faire baisser de
quelques centimes le prix du carburant. Et ce sera tout benefice pour
les trusts petroliers qui continueront a tenir les marches antillais sous leur
talon de fer en realisant des profits plus grands en important les carburants
d’Europe.
Pendant ce temps-là, le pouvoir pousse les feux des conclusions des
Etats généraux de l’outre-mer pour parvenir à une synthèse martiniquaise
le 24 août et à une synthèse générale début octobre, prélude à
un comité interministériel prenant des décisions sur l’avenir des DOM.
La question centrale demeure la question institutionnelle. Qui est légitime
? Les Etats généraux ou le Congrès des élus ? Madame Marie-
Luce Penchard déclare à ce sujet que “la légitimité des Etats généraux
ne peut se substituer à celle du suffrage universel (…)” (FA des 1er &
2/08/2009). Dont acte.
Mais c’est pour ajouter de manière ambiguë : “Si dans le cadre des travaux
des Etats généraux, un certain nombre de préoccupations remontent, par
exemple la formulation de la question, les conditions d’organisation,
on ne peut pas ne pas entendre la position des élus qui seul détiennent
la légitimité”. Alors qui est vraiment légitime ? La bataille pour le Changement
statutaire est déjà engagée. La solution politique élaborée par les forces
de progrès réunies dans le “Rassemblement Martiniquais pour le Changement”
est une part déterminante de la réponse à la véritable crise sociétale
qui secoue notre pays.
En cette rentrée qui approche, nous devons à la fois aider les Martiniquaises
et les Martiniquais à faire face à leurs préoccupations immédiates
et placer ces dernières dans la perspective du Changement nécessaire.

