Sommaire
Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- vacances à l’ombre de la crise
Société . . . . . . . . . . .p. 4/5
- collectif et production locale
- les cd-rom éducatifs de robert saé
- visite de roselyne Bachelot
- convention région/sma
Politique . . . . . . . . . .p. 6/7
- rapport sénatoriale sur l’outre-mer
Congrès . . . . . . . . . . . .p. 7
- résolution nos 3 et 4
Luttes Sociales . . . . .p. 8/9
- travail du dimanche
Economie . . . . . . . . . . .p. 9
- Hausse du nombre de demandeurs
d’emploi
Débat Statutaire . . .p. 10/11
- La droite contre sarkozy
Culture . . . . . . . . . .p. 12/13
- Festival de Fort-de-France
- soirée littéraire
Tribune . . . . . . . . . . . .p. 14
- michalon pense pour lui
Notre Amérique . . .p. 15/16
- Honduras
Annonces Légales .p. 16/19
Tour des Yoles . . . . . .p. 20
EDITO
DES VACANCES A L’OMBRE DE LA CRISE, CERTES, LAIS AVEC LA
PERSPECTIVE D’UNE ALTERNATIVE DE PROGRÈS
Nulle part à travers le monde, la crise économique et sociale déclenchée
par l’âpreté au gain des capitalistes ne connaît de trêve. Elle n’a pas de
frontière. Partie des Etats-Unis avec l’effondrement des crédits immobiliers,
la crise capitaliste gangrène depuis plus d’un an l’ensemble des
économies de la planète, précipitant dans le chômage, la misère ou la
précarité des millions de travailleurs ainsi que leurs familles. En dépit des
discours rassurants des principaux dirigeants de la planète après
chaque sommet du G8, l’horizon ne cesse de s’assombrir pour ceux qui
sont condamnés à subir les ravages de cette tempête d’ampleur sans
précédent.
Non, la crise ne s’est pas mise en vacances. En juillet comme en août, en
France comme ailleurs et ici en Martinique, la litanie quotidienne des
plans sociaux et des annonces de délocalisations ne se raccourcit pas.
Bien au contraire, elle s’allonge, alimentée par une insatiable recherche
de “profitabilité” maximale comme cela se dit maintenant dans le jargon
capitaliste.
Pour ceux qui sont déjà les victimes de cette boucherie sociale, les vacances
ne sont souvent plus qu’un souvenir. Selon un récent sondage,
plus d’un Français sur deux prévoit de ne pas partir en vacance cette
année. Une proportion qui atteint 82% chez les catégories qui disposent
des revenus les plus modestes. Quant à ceux qui disposent encore
d’un emploi, beaucoup se voient contraints d’écourter leurs vacances,
d’aller moins loin et de rechercher le moins cher. Où vivent dans la hantise
de l’annonce d’un licenciement à la rentrée.
Longtemps présentées comme une nécessité sociale tant pour les parents
que pour les enfants, les vacances deviennent année après
année “un luxe inaccessible” pour les catégories les plus défavorisées et
même pour les classes moyennes. Et dans ce lot des “oubliés des vacances”,
figurent nombre de nos compatriotes vivant de l’autre côté de
l’océan et qui ne peuvent s’offrir un séjour au pays, en dépit des aides au
titre de la fameuse “continuité territoriale”. Même au tarif le plus bas, le
billet d’avion reste hors de portée des bourses les plus modestes.
Combien sont-ils là-bas, ces jeunes souvent déracinés, rêvant de plage
et de bain de mer et qui doivent se contenter de “vacances” au pied des
tours de leur et des barres HLM ? Quelques semaines au pays chasseraient
de leur esprit bien des idées noires.
Mais ceux qui vivent au pays sont-ils mieux lotis qu’eux ? Pas forcément,
car ici, tout comme là-bas, les dégâts de la crise sont aussi considérables.
Les effets de l’explosion sociale de février qui a si violemment
secoué le pays sont loin d’être dissipés. En Martinique, les agences de
voyage constatent une baisse de 40 % des achats de billets d’avion.
Cette année, les vacances se sont imprégnées de cette morosité qui enveloppe
le pays. Comment en serait-il être autrement lorsque tous les témoins sont
au rouge et que l’avenir ne cesse de s’assombrir ? Le coeur et l’esprit peuvent-ils
être à la fête alors qu’en pleine période de vacances, l’actualité reste dominée par
des luttes sociales, par des licenciements massifs dans le bâtiment, par
le drame que vivent les personnels auxiliaires de l’Education nationale
ou par l’insoutenable incertitude qui pèse sur l’emploi des personnels
d’ATV ou de Martinique TV-Cable pour ne citer que ceux-là.
Peut-on être serein sachant que pour la première fois depuis 1946, le produit
intérieur brut de la Martinique (la richesse globale) a diminué, ce qui
signifie que notre pays lui aussi est touché par la récession. Mais une récession
prenant sa source principalement dans la crise du système
néo-colonial départemental qui nous régit depuis des décennies. Selon de
nombreux analystes les effets de la crise capitaliste sont, pour l’essentiel,
à venir dans les prochains mois dans notre pays. Les vacances, comme le
pays tout entier, baignent dans une atmosphère de crise.
Au point que, les organisateurs du tour de la Martinique des yoles
rondes se voient contraints de lancer une souscription publique pour boucler
le financement de cette manifestation si populaire qui nous permet,
pendant une semaine, de nous affranchir des soucis qui nous assaillent.
Soyons généreux pour sauvegarder cette manifestation si
authentiquement martiniquaise. Mais posons-nous également des questions
sur le mode de fonctionnement d’un pays qui doit aussi s’efforcer de
s’attaquer à ses vrais problèmes plutôt que s’étourdir sans fin dans le festif
et la consommation aliénante. Oui, la crise s’est invitée partout et
pour longtemps. Mais est-ce une raison pour ne pas profiter des vacances
? Certainement pas. Cependant les militants doivent rester
mobilisés, d’autant que les mois suivants risquent d’être bien plus
chauds que ceux que nous venons de vivre avec des échéances décisives
pour l’avenir du pays. Il existe des alternatives de progrès à cette
crise tant au plan international, qu’en France et en Europe et ici même en
Martinique.
Ceux qui ne veulent pas que le pays avance continuent sans faiblir leur
campagne basée sur la peur et la désinformation. Il convient, d’ores et
déjà, en tous lieux et en toute circonstances de leur répliquer sans
aucun complexe.
Bonnes vacances à tous !
Tags: alternative de progrès, crise, Martinique, vancances





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