Les EDITIONS JUSTICE – Journal JUSTICE

MAGAZINE HEBDOMADAIRE D'INFORMATION COMMUNISTE

JUSTICE 89e Année Edition N°29 Jeudi 16 Juillet 2009

justice-29

Sommaire

Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2

Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- Consultation mais pas précipitation

Luttes Sociales . . . . .p. 4/5
- Congrès de force ouvrière
- mtv Câble : statu quo
- jala : le bout du tunnel ?
- A.t.v. : Attente insupportable

Nécrologie . . . . . . . .p. 6/7
- hommage à Yves holo

Education . . . . . . . . . . .p. 7
bac 2009 : un bon cru

Politique . . . . . . . . . .p. 8/9
- début de la campagne d’explication

Economie . . . . . . . .p. 10/11
- récession : échec d’un système

Débat Statutaire . . .p. 11/13
- Aveu révélateur
- thierry michalon sème le trouble

Dans le Monde . . . .p. 14/15
- honduras – sommet du g8 – Chine

Annonces légales . .p. 15/19
Sport . . . . . . . . . . . . . .p. 20
tour cycliste de martinique

EDITO

CONSULTATION OUI,MAIS PAS DANS LA PRÉCIPITATION

Nicolas Sarkozy, dans son discours à l’aéroport Aimé Césaire,
s’est engagé à consulter les Martiniquais sur l’évolution institutionnelle
de leur pays, sans préciser de date et surtout sans dire à
quelle question ils devront répondre.
Rappelons pour mémoire qu’il a énoncé trois options juridiquement
possibles, même s’il considère la première comme irréaliste
dans la phase historique actuelle : 1) maintien du statu
quo; 2) création d’une collectivité unique dans le cadre de l’article
73; 3) statut d’autonomie de l’article 74. Rappelons aussi sa dénonciation
de ceux qui utilisent la désinformation à propos de l’article
74 dans le but de faire peur aux Martiniquais et d’influer ainsi
sur leurs futurs choix.

Le président de la République a annoncé d’autre part qu’il prendra
sa décision au mois d’octobre, après avoir consulté les élus. Il
est donc maître aussi bien de la question qu’il va nous poser que
de la date de la consultation. On peut imaginer deux scénario: ou
bien, il demande à la population de se prononcer uniquement sur
le statut d’autonomie dans le cadre de l’article 74, ou bien il lui
donne à choisir entre cette autonomie-là et la collectivité unique
dans le cadre du 73. Dans le premier cas de figure, il respecterait
scrupuleusement la volonté du peuple martiniquais telle qu’elle
s’est exprimée à travers ses élus, au cours des deux réunions du
Congrès. Dans le second, il tiendrait compte des intérêts politiques
de la droite martiniquaise et de la volonté du “PPM nouveau”,
allié objectif de la droite dans cette affaire capitale.

Il est évident que quelle que soit la question qui sera soumise au
vote des Martiniquais, aucune consultation ne saurait être organisée
dans la précipitation, contrairement à ce que préconisent
certains. A cet égard, il convient de souligner que la
proposition “d’autonomie constitutionnelle” présentée au
Congrès par le groupe PPM prévoit une “consultation immédiate
du peuple visant à la mise en place d’une collectivité
unique disposant de compétences élargies au titre d’une expérimentation
par habilitation pour six ans”. Comme nous l’avons
déjà dit dans Justice, le “PPM nouveau” – où prédomine
une idéologie petite bourgeoise, de droite s’inspire
en fait de la collectivité 73 préconisée pour l’ensemble de
la France par le Comité Balladur créé par Sarkozy. Certes, Letchimy
se dit partisan d’une véritable autonomie, mais il se lie
lui-même les mains en posant comme préalable à cette autonomie
une révision de la Constitution française pour la seule
Martinique. Comme Nicolas Sarkozy a déjà tranché en écartant
d’un revers de main toute idée de révision, cette “autonomie constitutionnelle”
risque de se transformer en chimère, de ne jamais voir le
jour. Dans ces conditions, la problème est de savoir si le “PPM
nouveau” insistera sur sa volonté d’obtenir une “consultation immédiate”.
En tous cas, cette revendication d’une rapide consultation
de la population martiniquaise est agitée par les FMP et certaines
personnalités de droite qui caressent l’espoir de voir les Martiniquais
rejeter massivement tout changement, toute évolution statutaire
significative, par peur et par manque d’informations objectives.

Le coeur du problème est le pourquoi de cette évolution statutaire
qui soulève tant de passion et suscite tant d’inquiétude chez certains.
Les Martiniquais ont besoin de comprendre les enjeux, de savoir
les avantages et les inconvénients de la nouvelle configuration
juridique que leur proposent les élus, des élus en qui ils ont
confiance, contrairement à ce qu’affirment certains universitaires
prétentieux. Ces élus, l’ensemble des partisans du
changement, les autonomistes sincères doivent expliquer leur
projet économique et social, faire la démonstration que l’économique
est inséparable du politique, convaincre de la nécessité
du changement de statut, de l’impossibilité de maintenir le statu
quo départemental.

Ce travail d’explication, de désintoxication des cerveaux, de lutte
contre toutes les peurs, demande un certain temps. Cela veut dire
qu’une consultation organisée dans la précipitation serait antidémocratique
et fatale pour notre peuple, qui au lieu d’avancer, reculerait,
se replierait sur luimême, livré à l’impuissance et à
l’irresponsabilité pour très longtemps.

Ni hâte ni renvoi aux calendes grecques: il faut juste un temps
raisonnable pour la consultation!

M. Belrose

M. Belrose

Catégorie : Edition