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JUSTICE 89e Année Edition N°28 Jeudi 09 Juillet 2009

   Ecrit par : Webmaster - Justice   in Edition

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Sommaire

Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- Hâter la marche vers l’autonomie

Eco-Social . . . . . . . . .p. 4/5
- Les hypers Lancry : les importateurs
s’accapare la baisse de l’octroi de mer
- carburant
- La puvreté et les inégalité en hausse

Politique . . . . . . . . . .p. 7/11
- serge Letchimie
- résolution du conseil général
- assemblée unique
- sémionaire de réflexion du pcm

Europe . . . . . . . . . . . . .p. 12
- La ratification du traité de Lisbonne
bloqué en allemagne

Dans le Monde . . . .p. 12/14
- Hondus : seule autorité, le président
manuel Zelaya
- irak : 6 ans de destruction massive
- deux accident d’air Bus

Annonces Légales .p. 15/19

Culture/Sport . . . . . . .p. 20
- 38ème Festival de Fort-de-France
- 28ème tour cycliste de martinique

EDITO

La gravité de la crise impose de hâter la marche vers l’autonomie

Le 12 juillet 2006, lors de la Convention de l’UMP pour l’Outre-Mer, Nicolas
Sarkozy, alors en campagne pour les élections présidentielles,
avait prononcé à Sainte-Anne, un véritable discours- programme intitulé
“Outre-Mer, libérons les énergies”. Il l’avait alors commencé par une critique
acerbe de l’action conduite par ses prédécesseurs en déclarant que
“la situation sur le plan économique et social ne peut être qualifiée de satisfaisante”.

Pourtant, tout en reconnaissant la gravité des problèmes de ces territoires,
il proposait, pour sortir de la crise, un projet qui prendrait “prioritairement
en compte les questions de sécurité et de développement économique
pour sortir des éternels débats institutionnels”.

Selon lui, ces débats masquaient les vrais problèmes, voire même,
constituaient un obstacle à la résolution de ceux de la pauvreté et du
développement auxquels notre pays est depuis si longtemps confronté.
La question de l’évolution institutionnelle et donc de la domiciliation d’un
véritable pouvoir de décision ne semblait pas à l’ordre du jour.
Or, pourquoi depuis quelques mois, le Président de la République a-t-il
si radicalement changé de discours?

C’est, de toute évidence, parce que l’ampleur de la crise économique et
sociétale qui a si violement ébranlé les fondements de la société martiniquaise
lui a quelque peu ouvert les yeux.

En reconnaissant d’abord que l’Outremer “était arrivé au bout d’un cycle
historique”, puis plus récemment que “l’immobilisme est un confort illusoire”
et que “le statu quo n’est plus possible”, Nicolas Sarkozy semble avoir
enfin compris que le système départementalo-colonial auquel ses partisans
locaux sont si “indéfectiblement” attachés avait bel et bien vécu ; que les
multiples plans de développement, lois programmes et autres mesures de défiscalisation
conçus depuis Paris n’avaient enclenché aucune dynamique de développement économique durable.

Poursuivant son analyse, il souligne aujourd’hui que “la crise que la Martinique
a récemment traversée repose cette difficile équation unité/diversité”!
Et de conclure que “la République veut construire, avec les
Outre-Mers, des relations émancipées des scories de l’époque coloniale et
post-coloniale”. Quelles sont ces scories de l’époque coloniale ?
Sinon, sur le plan économique, la mainmise d’une minorité conservatrice
sur l’essentiel des activités du pays, une minorité bien décidée à
défendre bec et ongles ses privilèges de classe.

Et sur le plan institutionnel, c’est notre enfermement dans le carcan
de l’article 73, même rénové, avec un pouvoir d’adaptation ou de dérogation
législative ou réglementaire fort limité qui ne nous permettrait
toujours pas de disposer des moyens de peser sur les choix imposés
depuis Paris. La rupture ne saurait donc se limiter à de simples
mesures de simplification administrative dont se contenteraient les
partisans de l’immobilisme.

Elle ne saurait non plus trouver sa traduction dans on ne sait quel nouveau
et honteux moratoire de ceux qui s’affirment pourtant autonomistes,
à travers un illusoire projet de révision constitutionnelle visant à
“constitutionnaliser” les acquis sociaux dans un nouvel article 74 martiniquais.
Ceux qui se présentent comme les seuls héritiers de CESAIRE
peuvent-ils prendre le risque d’apparaître, en ce moment décisif,
comme des alliés objectifs de la droite la plus réactionnaire et qu’ils
ont si longtemps combattue ?

Aujourd’hui, la vraie rupture pour “ce territoire à l’identité si affirmée”,
passe par la reconnaissance de notre droit à la différence, c’est-àdire
d’abord de notre droit à disposer des moyens législatifs et
réglementaires de concevoir et de mettre en oeuvre nous-même un véritable
projet de développement pour sortir notre pays de la crise.

Osons donc oser ! Le bon sens populaire dit qu’aux grands maux il faut
de grands remèdes. Maintenant que les arguments de la peur ont été balayés
par le Président de la République lui-même, qui a affirmé “qu’il
est inexact de prétendre qu’une collectivité qui ferait le choix de l’article 74
de la constitution sortirait des frontières de la République”, il appartient
aux forces favorables à une véritable évolution institutionnelle d’unir
leurs efforts. D’abord pour combattre l’odieuse campagne orchestrée
par la droite conservatrice visant à entretenir “des peurs irrationnelles
dans la population”. Mais aussi pour rallier à la cause de l’Autonomie
ceux qui se sont laissés fourvoyer par des considérations qui vont à
l’encontre des réels intérêts du peuple martiniquais.

La gravité de la crise et le salut de notre pays imposent à tous ceux qui
se disent de gauche de hâter la marche vers l’Autonomie.

erichot

Georges Erichot

Cet article a été publié le Jeudi 9 juillet 2009 à 10 h 24 min et est classé dans Edition. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Les commentaires sont fermés mais vous pouvez faire un trackback depuis votre propre site.

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