
Sommaire
Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- maintenir le cap de l’évolution
Luttes sociales . . . . .p. 4/5
- 25 emploi menacé à fort-de-france
- protestation des chirurgiens de la
mfme
Education . . . . . . . . . . .p. 5
- Baccalauréat 2009
Société . . . . . . . . . . . . .p. 6
- Vigilance météorologique
Politique . . . . . . . . . .p. 7/9
- “petit” excédent pour la région
- etats Généraux
- patrick Tirolien
Tribune . . . . . . . . . .p. 10/13
- réphaël Vaugirard, économiste
- michel Levallois, ancien préfet
Consommation . . . . . . .p. 13
- Géant : le moins cher des hypers
Evolution Statutaire . .p. 14
- Les chaînes de l’esclavage
France . . . . . . . . . .p. 14/15
- flambée du chômage
Argumentaire . . . .p. 16/19
- La question statutaire
Dans le Monde . . . .p. 20/21
- première impression chine
Annonces Légales .p. 21/35
Société/Culture . . . . .p. 36
- colloque sur la traite négrière
EDITO
Congrès des élus: mainTenir Le cap de L’éVoLuTion sTaTuTaire eT de La diGniTé
La question de l’évolution statutaire de la Martinique a fait l’objet, le 18
décembre 2008, d’un vote au Congrès des élus, qui, à une large
majorité, a opté pour l’article 74 de la Constitution française et choisi la
voie de l’Autonomie. Le Congrès avait toute légitimité pour formuler,
au nom de l’ensemble des Martiniquais, une telle proposition, qui,
faut-il le répéter, n’est rien d’autre que l’expression d’un idéal. Etant
entendu que la décision finale dépend du gouvernement et de la volonté
du peuple martiniquais consulté par référendum. Toutes les
opinions ont pu s’exprimer librement en ce mois de décembre 2008,
chaque élu étant censé se faire le porte-parole de ses électeurs,
comme le veut la conception française de la démocratie. Le choix de
l’évolution statutaire a été le résultat à la fois d’un constat (celui que le
système départemental, alourdi par l’existence sur un si petit territoire de
deux assemblées souvent concurrentes, avait atteint ses limites et
épuisé ses potentialités) et d’un rapport de force favorable à la gauche
autonomiste au sein des conseils général et régional.
La longue et puissante grève de février-mars 2009 contre la “vie chère”
a poussé le gouvernement à décréter dans l’urgence, à l’initiative de
Nicolas Sarkozy, l’organisation des Etats généraux de l’outre-mer, avec
la promesse de débats ouverts et sans tabou sur tous les sujets. Si un
certain nombre d’organisations politiques (dont notre Parti) et syndicales,
ainsi que le Collectif du 5 février, ont refusé de participer officiellement
à ces Etats généraux, d’autres s’y sont investies à fond
afin d’exprimer leurs points de vue et d’orienter les débats dans un
sens favorable à leurs intérêts. La grève a libéré essentiellement la
parole populaire, laquelle, malgré ses inévitables contradictions et maladresses,
a posé des problèmes de fond mettant en cause le fonctionnement
de notre société, ses injustices criantes, les frustrations de
toutes sortes qu’elle engendre. La grève a eu aussi le mérite de nous
faire prendre conscience de la nécessité de nous désaliéner, de nous
affranchir de la société de consommation capitaliste, des fausses valeurs
importées, de prendre en main notre destinée collective,
d’être responsables.
La bourgeoisie, le patronat, contre lesquels s’est faite la grève, ont vu
dans les Etats généraux l’occasion de reprendre la main, de mener une
contre-offensive idéologique. Rejoints par la droite assimilationniste
des FMP et UMP, ils ont jeté toutes leurs forces dans la bataille, utilisant
à la fois les médias, les conférences publiques animées par des
experts ou des soi-disant experts, ciblant notamment la question de
l’évolution statutaire en discussion dans l’atelier 5, celui de la “gouvernance”,
pour diaboliser l’article 74. On a pu apprécier de nouveau la
puissante présence au sein de cette bourgeoisie de la caste békée. On a
pu aussi assister au triste spectacle du “PPM nouveau”, celui de Letchimy
et de Conconne, ferraillant contre les partisans du changement
et de la Responsabilité martiniquaise, recourant à l’arme de la
peur, à l’argument de la perte des acquis sociaux et de l’égalité des
droits entre citoyens français (pourtant garantie dans la Constitution).
Et cela dans le but inavoué mais indéniable de combattre cette Autonomie
pour laquelle le PPM prétend se battre depuis plus de 50 ans.
Outre que ce parti a amorcé depuis longtemps un virage à droite, sa
conduite actuelle s’explique en grande partie par une animosité
presque personnelle de ses dirigeants contre Alfred Marie-Jeanne
et Claude Lise.
Nul ne peut dire quel usage le gouvernement français fera des conclusions
des Etats généraux, quelle importance il accordera à un tel flot
de paroles ultramarines. Pour cette raison, le Congrès des
élus doit maintenir le cap initial, sans se laisser influencer par les tenants
de l’immobilisme, par les profiteurs du système actuel, par les
assimilationnistes invétérés sans conscience martiniquaise. Nicolas
Sarkozy n’a-t-il pas été contraint d’admettre que les récents événements
signifiaient la “fin d’un cycle historique” ? N’avait-il pas auparavant
affirmé la nécessité de nous accorder une “autonomie économique”
pour engager un processus de “développement endogène” ?
N’avons-nous pas élaboré, avec notre Agenda 21 et notre SMDE, les
éléments prometteurs d’un projet économique, social et culturel à affiner
et améliorer en fonction des aspirations apparues en févriermars
2009 ?
Nul ne peut dire quel usage le gouvernement français fera des conclusions
des Etats généraux, quelle importance il accordera à un tel flot
de paroles ultramarines. Pour cette raison, le Congrès des
élus doit maintenir le cap initial, sans se laisser influencer par les tenants
de l’immobilisme, par les profiteurs du système actuel, par les
assimilationnistes invétérés sans conscience martiniquaise. Nicolas
Sarkozy n’a-t-il pas été contraint d’admettre que les récents événements
signifiaient la “fin d’un cycle historique” ? N’avait-il pas auparavant
affirmé la nécessité de nous accorder une “autonomie économique”
pour engager un processus de “développement endogène” ?
N’avons-nous pas élaboré, avec
notre Agenda 21 et notre SMDE, les éléments prometteurs d’un projet
économique, social et culturel à affiner et améliorer en fonction des
aspirations apparues en févriermars 2009 ?
Maurice Belrose
M.Belrose



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