
Sommaire
Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- abstention record
Luttes sociales . . . . . . .p. 4
- respect des accords signés
- ATV en attente
- insee : prix stables en martinique
- le microcrédit : un rempart contre la
crise
Société . . . . . . . . . . . . .p. 6
- la marche des handicapés
- augmentation de la violence
Européennes . . . . . . .p 7/9
- elections europénnes boudés
- les listes d’outre-mer
- un scrutin sur fond de crise
Eco-social . . . . . . . .p.10/11
- la crise s’amplidie en martinique
Statut . . . . . . . . . . .p. 11/13
- article 73 ou article 74 ?
Dans le Monde . . . . . . .p. 14
- gabon : mort de omar bongo
- moumia abu Jamal
Annonces Légales .p. 14/19
Culture . . . . . . . . . . . .p. 20
- rencontre avec “aliker”
EDITO
européennes : derrière le taux d’abstention reCord,
l’aspiration à un pouVoir martiniquais plus proCHe.
Le taux de participation des Martiniquais aux élections européennes a été
parmi les plus faibles depuis que ce scrutin existe en 1979 : 13,8 % contre
16,5 % en moyenne. A peine plus d’un électeur de notre pays sur 10 (4 sur 10
en France) s’est déplacé pour mettre un bulletin dans l’urne. L’Europe reste
loin géographiquement, politiquement et affectivement. Les campagnes sur
l’argent que “donne” l’Europe n’y changent rien. Et c’est vrai : nous ne
sommes pas européens. Cependant les décisions qui se prennent dans les
instances européennes concernent la vie quotidienne de notre peuple, son
mode de développement, ses relations avec son environnement géographique.
Nous ne pouvons les ignorer. Le Parti Communiste Martiniquais
avait raison d’inviter les Martiniquais à s’emparer des questions relatives à
nos relations avec l’Union européenne et à voter pour la liste “Alliance des
Outre-mers”, la seule constituée de forces émanant des peuples des
pays de ce qu’on appelle l’Outre-mer.
Cette abstention traduit sans doute une volonté que le pouvoir soit plus
proche des citoyens de ce pays et qu’il y soit territorialement installé. Cela exprime
aussi, comme ailleurs, une défiance envers cette construction
européenne ultralibérale qui se fait contre les peuples et au profit des intérêts
capitalistes.
En Martinique, la candidate de l’Alliance des outre-mers, Madeleine de
Grandmaison, arrive en tête avec 14 686 suffrages et 39,41 % des votes exprimés.
C’est une satisfaction. Elle a déclaré : “Je constate simplement que je
réalise un score similaire à celui de 2004 où j’étais soutenus par le PPM. Je gagne
sur toutes les communes et à Fort-de-France (…) Maintenant la liste Alliance
a gagné un siège et nous continuerons à travailler de concert pour continuer le travail
entrepris (…)”.
En effet, Elie Hoarau, le secrétaire général du Parti communiste réunionnais
et tête de liste de l’Alliance des Outremers, fait partie avec Maurice Ponga
(UMP) et Patrice Tirolien (PS) des trois élus de la circonscription outre-mer.
La défense des spécificités de notre pays et de nos intérêts nécessitera une
vigilance accrue face aux menaces de suppression de l’octroi de mer et à la
nécessité faire évoluer et converger les statuts de RUP et de PTOM reconnue
même par l’UMP.
Mais il ne faut pas oublier que la droite UMP est arrivée en tête en outre-mer
avec 29,69 % des voix. Immédiatement le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer,
Yves Jego, s’en est félicité soulignant que « “après les semaines que nous avons
connues et la plus grande crise qu’ait traversé l’outre-mer depuis les dix dernières
années, ce scrutin témoigne que le travail engagé par la majorité présidentielle n’est
pas rejeté, au contraire puisque nous sommes en tête. C’est un encouragement
à poursuivre, à aller de l’avant, notamment le processus des états généraux qui
doit aboutir à un nouveau modèle. J’ai le sentiment que les ultra- marins ont
quelque part aussi conforté ce choix du président de la République”.
Le pouvoir veut tirer parti de ce scrutin pour légitimer les conclusions pré- établies
des Etats généraux, en particulier sur la question institutionnelle qui a fait
l’objet d’un véritable hold-up de la part de la droite, des békés et du patronat
contre l’article 74 et l’Autonomie et pour le statu quo dans l’article 73. Une
bourgeoisie qui mène une offensive tambour battant.
Nous devons tirer aussi des enseignements du scrutin en France et à
l’échelle de l’Europe : poussée de la droite, recul de la social-démocratie en
crise, essor inédit des écologistes, percée de l’extrême-droite dans de
nombreux pays. Ces élections traduisent un désarroi des citoyens accru
par la crise auquel la gauche ne parvient pas à répondre et la difficulté à
faire émerger une alternative forte et crédible aux politiques libérales. Ces
résultats montrent un vrai divorce entre les peuples européens et la construction
européenne.
Sarkozy et les hommes de l’UMP veulent tirer argument du fait qu’ils sont arrivés
en tête (en fait un votant sur quatre) pour poursuivre et accélérer
leurs politiques libérales, de concurrence à tout va, de casse sociale, de
confiscation du pouvoir et des médias. Le Front de gauche, coalition du PCF,
du Parti de Gauche et de la Gauche unitaire issue du NPA, malgré la censure
des médias, devance le NPA d’Olivier Besancenot qui a voulu faire
bande à part. Ses députés pourront dénoncer et dévoiler ce qui s’ourdit
contre dans les institutions européennes contre les travailleurs. Il a
créé l’espoir à gauche. Ces résultats devraient permettre de renforcer le
nombre de députés européens français qui iront siéger au groupe de la
Gauche unitaire européenne au Parlement européen. Le Parti Communiste
Français a commenté l’action du Front de Gauche ainsi : “Sa campagne a permis
d’ouvrir un débat constructif sur les conditions d’une alternative à gauche. La
dynamique unitaire et politique créée par cette campagne a suscité un intérêt croissant”.
Nous en Martinique, nous devons continuer à lutter pour le Rassemblement
le plus large des forces de progrès pour avancer vers la
Responsabilité martiniquaise et lever les obstacles dressés par une droite et
un patronat revigorés et plus mobilisés que jamais afin de maintenir leur vieille
société coloniale en crise. Plus que jamais nous devons garder le
cap pour, tout en nous appuyant sur les forces démocratiques en France et
en Europe, domicilier le maximum de pouvoirs dans notre pays et ainsi engager
une politique de développement nouvelle et construire le changement.

Michel Branchi



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