Les EDITIONS JUSTICE – Journal JUSTICE

MAGAZINE HEBDOMADAIRE D'INFORMATION COMMUNISTE

JUSTICE 89e Année Edition N°22 Jeudi 28 Mai 2009

justice-22

SOMMAIRE

Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2

Edito . . . . . . . . . . . . .p. 2/3
- elections européenes

Economie . . . . . . . . .p. 4/6
- grève des stations-services
- b.t.P. : premier trimestre “morose” selon l’i.e.d.o.m.

Politique . . . . . . . . . .p. 6/9
- table ronde de bobigny
- elections européennes
- article 73 et article 74

Ab. de l’Esclavage .p. 10/13
- 161ème anniversaire de l’abolition
- Les derniers soubresauts du système esclavagiste
- P.c.F. et commémoration

Dans le Monde . . . . . . .p. 14
- israël refuse la création d’un etat palestinien

Annonces Légales .p. 15/19

Société . . . . . . . . . . . .p. 20
- Quand la fac invite “césaire”
- alerte aux faux psychothérapeutes

EDITO

Elections européennes du samedi 6 juin 2009:
Voter madeleine de grandmaison Pour un Partenariat Véritable avec une autre europe.

Le Samedi 6 juin les électrices et les électeurs martiniquais sont invités
à désigner leur représentant au Parlement européen comme
ceux des 27 pays composant l’Union européenne qui éliront 736
députés. L’outre-mer désigne 3 députés et la section Atlantique de
cette circonscription dont fait partie la Martinique désigne un représentant
siégeant au Parlement de Strasbourg.

Le Parti Communiste Martiniquais a décidé de soutenir la candidature
de Madeleine de Grandmaison, députée européenne sortante élue
en 2004 sur la liste “Alliance” menée par Paul Vergès et pour laquelle
notre parti avait déjà appelé à voter. Madeleine de Grandmaison
avait siégé pendant sa courte mandature 2007/2009 au groupe
de la Gauche unitaire européenne (GUE) où sont inscrits, entre autres,
les députés communistes européens.

Cette fois-ci la liste “Alliance des Outre-Mers” sur laquelle figure Madeleine
de Grandmaison est dirigée par Elie Hoareau, Secrétaire
général du Parti Communiste Réunionnais, qui a pris la suite de Paul Vergès.

Pourquoi ce soutien ? Parce que la liste “Alliance pour les outre-mers” affirme
qu’il faut “inventer un nouveau modèle de développement économique
pour les DOM”. Il s’agit pour cette liste d’affronter les rendez-vous
prévus dans les années à venir :
- renégociation en 2013 des fonds structurels qui ont déjà baissé de
15% pour les programmes opérationnels 2007-2013 du fait de l’élargissement
de l’Union européenne ;
- remise en cause des aides pour l’industrie sucrière (Réunion) ;
- conclusion des accords de partenariat entre l’UE et les pays voisins
des DOM (APE) qui risquent de venir concurrencer la production locale,
alors que le déséquilibre entre importations et exportations
est déjà extrême ;
- défense de la production bananière menacée régulièrement par
les reculades de l’Europe face aux diktats de l’OMC manipulée par les
USA ;
- menace de suppression au-delà de 2014 de l’octroi de mer qui protège
difficilement le faible tissu productif des DOM et procure des
ressources indispensables à ses collectivités locales ;
Madeleine de Grandmaison dans une interview à l’Humanité donnait
sa vision de la mondialisation : “On veut construire un marché mondial
avec des règles communes à tous, quand les économies et les structures
sont entre elles des plus inégales”. Toute la question de nos rapports
avec l’Union européenne réside dans cette remarque : la volonté
forcenée de vouloir nous imposer un libre échange inégal et destructeur.
Le statut de Région dite ultrapériphérique (RUP), arraché
par la ténacité d’un Paul Vergès, a un peu atténué la brutalité
de cette insertion forcée dans le marché européen en
nous reconnaissant formellement des spécificités. Cependant
Madeleine de Grandmaison estime que “ce statut pourrait être mieux adapté,
car en ce moment il repose d’une part sur des handicaps structurels
(éloignement, étroitesse du marché, économie insulaire, vulnérabilité aux
intempéries, relief, etc) et d’autre part sur des dérogations constamment remises
en question. Ce n’est pas satisfaisant (…) Nous voulons être
considérés comme des partenaires à part entière et non plus comme des territoires
auxquels on fait la charité et que l’on transforme par tous les
moyens en terres de consommation. Nous avons besoin de nous développer,
de transformer nos économies et de renforcer notre capacité productive
(…)”.

Le PCM, pour sa part, revendique un statut nouveau de coopération
avec l’Europe, avec une autre Europe, une Europe sociale.
Il ne faut pas perdre de vue que le Parlement européen est la seule
institution européenne démocratique puisque élue au suffrage universel
des peuples de l’Union européenne. Au cours des années,
il a acquis de plus en plus de pouvoir : pouvoir de co-législateur à
égalité avec le Conseil, pouvoir de censure de la Commission, pouvoir
budgétaire, pouvoir d’enquête.

Il faut avoir aussi à l’esprit qu’aujourd’hui plus de 80 % des lois votées
par le Parlement français et donc applicables en Martinique
sont des transpositions de lois adoptées par le Parlement européen.
Cela au moment même où, avec l’Autonomie de l’article 74,
nous revendiquons la capacité d’adapter les lois et règlements
dans un certain nombre de domaines à nos réalités propres.

Ce n’est pas pour rien que les békés entretiennent des lobbys
pour défendre leurs intérêts pour influencer le Parlement européen
et les autres institutions européennes (Eurodom de Gérard
Bally par exemple). Par conséquent, nous devons défendre nos
intérêts au Parlement européen. Le problème du Parlement européen,
ce n’est plus qu’il manque de pouvoir, c’est sa majorité libérale et
sociale libérale favorable aux dogmes libéraux et au libre
échange généralisé qui ont engendré la crise. Une crise à laquelle
l’Europe néolibérale capitaliste est incapable de faire face.

Notre combat pour des rapports de partenariat véritable respectant
réellement les spécificités de notre pays rejoint celui de ceux qui, en
France et en Europe, veulent changer d’Europe. Nous pensons au
combat du Front de gauche qui exige d’autres choix en Europe que
ceux du Traité de Lisbonne, frère jumeau du Traité constitutionnel rejeté
par les Français, les Néerlandais et les Irlandais.

Voter Madeleine de Grandmaison, c’est donc réaliser la convergence
de ces deux combats et nous faire respecter.

C’est aussi faire avancer l’unité du peuple martiniquais pour un vrai
changement ici même en Martinique.
michel-branchi

Michel Branchi

Catégorie : Edition