
Sommaire
Sa ka Pasé . . . . . . . . . .p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . .p. 3
- Pour une vrai culture du risque
Catastrophes Naturelles p. 4/5
- Peut-on prévoir les phénomènes ?
- bilan : 2 morts, 4 blessés
- expo sur le “Petit volcan”
Vie du Parti . . . . . . . .p. 6/7
- remise des cartes 2009
- Hommage à michel boucou
Brèves Eco . . . . . . . . . .p. 7
- t.v.a. restauration
- l’aide de l’etat aux bas salaires
Société . . . . . . . . . . .p. 8/9
- violences scolaires
Ab. de l’Esclavage . .p. 9/11
- la révolte libératrice
- entretien avec marcel dorigny
Politique . . . . . . . . .p. 12/14
- evolution statutaire
- rodolphe désiré contre l’article 74
- lise et marie-Jeanne
Economie . . . . . . . .p. 14/15
-1er bilan de l’iedom
France et Europe . .p. 15/17
- sarkozy 2 ans après
- union européenne
- b.c.e.
Littérature . . . . . . .p. 17/18
- Hôtel du bon Plaisir – r. confiant
dans le Monde . . . .p. 18/19
- le Panama met la barre à droite
Annonces Légales .p. 19/23
Culture . . . . . . . . . . . .p. 24
- cd d’edmond mondésir
- semaine du tambour
EDITO
Pour une vraie culture du risque
L’épisode pluvieux de la nuit du 4 au 5 Mai et ses conséquences catastrophiques
doit nous amener à nous rappeler quelques données élémentaires.
Notre pays comme toutes les régions du monde, ne peut échapper aux
multiples contraintes naturelles imposées d’abord par sa géographie que
nous avons si souvent tendance à oublier et par un type d’occupation du
sol imposé, résultant de notre histoire.
L’abandon des meilleures terres aux colons esclavagistes et l’occupation
des mornes par les esclaves après 1848 expliquent les fortes densités£
des zones rurales les plus escarpées.
Faut-il rappeler par ailleurs que nous vivons sur un minuscule territoire de
1 080 Km2, au relief particulièrement tourmenté et qui n’est en réalité que
l’une des parties émergées d’une longue chaîne de montagnes qui
forme les îles de l’archipel des Antilles et dont plusieurs sont des volcans
en activité ? Habitants de Saint-Pierre, du Morne-Rouge ou de la
montagne du Vauclin, nous sommes tous exposés au même risque volcanique.
Faut-il encore rappeler que notre région se situe à la jonction de deux
plaques tectoniques dont les mouvements imprévisibles sont à l’origine
des tremblements de terre ?
Le récent et violent séisme de novembre 2007 et les nombreux dégâts
qu’il a occasionnés nous ont brutalement rappelé l’omniprésence et la
gravité du risque sismique.
Notre sous-sol truffé de failles nous réserve parfois bien des surprises.
La catastrophe du lotissement Soleil Levant au François montre que
même les régions pourtant cartographiées sans risque peuvent se révéler
dangereuses. Et la liste de ces risques naturels majeurs ne serait
évidemment pas complète si on oubliait ceux liés aux fureurs de la mer,
à notre climat tropical et à la météorologie particulièrement capricieuse
de notre région.
Certes la saison cyclonique débute au mois de juin et chacun a encore
en mémoire les ravages du cyclone Dean dont les blessures ne sont pas
encore toutes cicatrisées. Mais la nature se joue parfois du calendrier. Qui
s’attendait, en ce début du mois de mai, à un si brutal changement de
temps passant en quelques jours d’un carême torride à un tel déluge,
déjouant toutes les prévisions météorologiques. Serait-ce une illustration
des changements climatiques dont les conséquences sont tant redoutées
par les spécialistes ?
Voilà qu’en quelques heures, des pluies exceptionnellement abondantes
ont provoqué la perte de deux vies humaines et des dommages
considérables aux biens. Justice et notre Parti partagent la douleur
des familles éprouvées. Maisons, routes, conduites d’eau potables emportées
par des glissements de terrains privant d’eau potable des milliers de familles;
des quartiers entiers sous les eaux, un cimetière dévasté,
des commerces inondés, cultures et troupeaux décimés…
Notre pays paye un très lourd tribut en raison de son exposition à ces
phénomènes naturels parfois imprévisibles.
Et les collectivités déjà exigües dont les infrastructures ont tant souffert
s’interrogent sur les moyens de faire face à cette nouvelle catastrophe.
Une interrogation qui tourne à l’angoisse quand on sait que notre
pays devra bientôt affronter une nouvelle saison cyclonique. Ne faut-il pas
constituer un Fonds martiniquais de secours avant d’attendre sur les autres ?
Quelles leçons tirer de ces cataclysmes en série qui affectent notre
pays déjà si mal en point ?
La première, c’est l’urgence d’une prise de conscience de plus en plus
aigue de notre exposition à ces risques naturels majeurs. Ce qui induit
une sensibilisation permanente de la population au caractère imprévisible
et aux conséquences souvent dramatiques de ces phénomènes.
Pourquoi donc vouloir braver la violence d’un gué ou s’engager sur une
chaussée inondée au risque d’être emporté par les flots ? L’éducation de
la population ne devrait-elle pas commencer dès l’école élémentaire
par la priorité accordée à l’étude de notre milieu naturel ? Il n’y a ni printemps,
ni hiver en Martinique comme le répètent certains médias, saisis
par le virus de l’assimilation ! Il n’y a que deux saisons : le carême et l’hivernage !
Nos enfants étudient-ils aujourd’hui comme autrefois le régime de nos
cours d’eau dont le débit peut se décupler en quelques heures et surprendre
les automobilistes non avertis qu’ils seront peut-être demain ?
Mais force est de constater que la gravité des conséquences de ces
phénomènes naturels est aussi amplifiée par l’action de l’homme sur le
milieu. Certes, la densité extrêmement élevée de notre population et
les contraintes de relief et le déchaînement de la spéculation foncière
poussent les plus démunis à construire dans de zones de plus en
plus escarpées, et aussi à mettre en danger leurs familles et leurs biens.
Mais les collectivités doivent aussi assumer leur part de responsabilité
dans l’ampleur sans cesse grandissante des dégâts. Pourquoi la ville du
Lamentin s’acharne-t-elle à poursuivre des remblais et à autoriser des
constructions dans les zones inondables ?
Pourquoi l’Etat qui, depuis quelques années, a imposé à chaque commune
l’élaboration d’un plan prévisionnel des risques visant entre
autres à interdire les constructions dans les zones réputées dangereuses,
a-t-il abandonné le curage des embouchures des cours d’eau,
amplifiant considérablement les inondations de la plaine de Rivière-Salée ?
C’est encore l’Etat qui a construit l’autoroute, véritable digue qui fait barrage
à l’écoulement des eaux de la Lézarde vers la mer, noyant les habitations
et les commerces du quartier Place d’Armes, sous des inondations
de plus en plus fréquentes et de plus en plus catastrophiques et menaçant
même l’aéroport. C’est vrai que des progrès ont été réalisés, en termes de
prévision notamment. Mais quelle peut être l’efficacité des services de
secours quand de nombreuses casernes de sapeurs pompiers
sont elles-mêmes inondées ?
L’amélioration de la couverture des risques ne peut résulter que d’une
action coordonnée de tous les acteurs en charge de la sécurité. D’où
l’urgence d’une autre “gouvernance” de notre pays, pour reprendre un
terme à la mode.
Le moment est plus que venu de nous pencher sérieusement sur la
vulnérabilité de notre territoire à tous ces risques majeurs, de penser à son
aménagement raisonné, d’éradiquer toutes les causes d’aggravation de
leurs conséquences, de mieux préparer les populations à y faire face.
Bref de promouvoir une véritable culture du risque.

Georges Erichot