
Sommaire
Sa ka Pasé p. 2
Edito p. 3
- Luttes sociales et politiques
Mémoire du Peuple p. 4/5
- Les 89 ans de “Justice”
Luttes Sociales p. 5/6
- 1er mai, Journée internationale de la lutte des travailleurs
- colère des universités françaises
Société p. 6/8
- Grippe porcine
- plan d’urgence pour l’emploi des jeunes
Politique p. 8/12
- Le cncp tire les leçons du 5 Février
- quadrillage des etats Généraux
- elections européennes
Dans le Monde p. 12/14
- mumia abu-Jamal
- parti communiste ouvrier hongrois
- crise mondiale
- L’equateur aussi choisit la Gauche
- manuel rosales : refugié politique
Annonces Légales p. 14/19
Rdv Culturels p. 20
EDITO
Ici comme ailleurs, luttes sociales et luttes politiques :
un combat indissociable
Certes, les propos de ce haut cadre du premier syndicat ouvrier français
doivent d’abord être replacés dans le contexte de la situation sociale de la
France, qui se traduit chaque mois par la destruction de dizaines de milliers
d’emplois. Et c’est parce qu’elle a pleinement conscience qu’elle a en
face d’elle un gouvernement qui reste sourd aux revendications des
travailleurs et qui n’a d’oreille que pour le patronat, que la CGT française
propose de faire la liaison entre luttes sociales et luttes politiques.
Dans tous les pays, les se sont mobilisés pour exprimer leur
rejet de ce système capitaliste libéral qui repose sur l’argent roi et qui
ne vise que le profit par l’exploitation de plus en plus féroce ou subtile de
la classe ouvrière.
En France, la multiplication et le durcissement des luttes sociales illustrent
le refus des salariés de faire les frais d’une crise dont ils ne sont en
rien responsables. Et ce n’est pas un hasard si 72 % des Français ont approuvé
ou ont éprouvé de la sympathie à l’égard de la mobilisation du
1er mai, alors que seulement 9 % s’y déclaraient hostiles ou opposés.
Pour la première fois depuis 1948, toutes les centrales syndicales ont
défilé sous une bannière unitaire réclamant une autre politique économique
et sociale face à la crise, l’amélioration du pouvoir d’achat, le
maintien d’une protection sociale efficace et du service public.
Mais ces manifestations unitaires avaient aussi une connotation politique.
“Nous sommes dans la construction d’un rapport de forces pour obtenir
d’autres choix économiques et politiques”, expliquait dans une interview
Maryse Dumas, secrétaire de la CGT.
Certes, les propos de ce haut cadre du premier syndicat ouvrier français
doivent d’abord être replacés dans le contexte de la situation sociale de la
France, qui se traduit chaque mois par la destruction de dizaines de milliers
d’emplois. Et c’est parce qu’elle a pleinement conscience qu’elle a en
face d’elle un gouvernement qui reste sourd aux revendications des
travailleurs et qui n’a d’oreille que pour le patronat, que la CGT française
propose de faire la liaison entre luttes sociales et luttes politiques.
Certes, les propos de ce haut cadre du premier syndicat ouvrier français
doivent d’abord être replacés dans le contexte de la situation sociale de la
France, qui se traduit chaque mois par la destruction de dizaines de milliers
d’emplois. Et c’est parce qu’elle a pleinement conscience qu’elle a en
face d’elle un gouvernement qui reste sourd aux revendications des
travailleurs et qui n’a d’oreille que pour le patronat, que la CGT française
propose de faire la liaison entre luttes sociales et luttes politiques.
Cependant la question à laquelle se trouve aujourd’hui confronté le peuple
martiniquais, tout en présentant des points communs avec celle qui
se pose en France, est fondamentalement différente.
Car dans cette néo-colonie départementale qu’est la Martinique, les effets
de cette crise sont encore plus violents et ont aggravé les maux dont
souffre notre pays : chômage massif, pauvreté accrue, vie chère, pouvoir
d’achat en baisse, développement de la précarité, faiblesse de l’appareil
de production, consommation quasi-totale de produits importés. En
un mot, le mal-développement induit par le système colonial départemental
de domination.
Les récentes propositions du fameux rapport Bolliet qui proposent de fermer
les activités de production de la SARA au profit de l’importation de
produits pétroliers finis montrent l’ampleur des ravages que peut provoquer
dans ce pays déjà si mal développé une politique d’inspiration
libérale et l’urgence de changer radicalement de cap.
Le puissant mouvement social du 5 février, qui a pendant trente-huit
jours mobilisé le peuple martiniquais, a traduit l’exaspération de notre peuple
face à l’incapacité du pouvoir à satisfaire ses légitimes revendications
et une crise sociétale qu’il a voulu ignorer.
Les succès obtenus (augmentation des salaires, baisse des prix des produits
de première nécessité, des carburants et de certains services,
etc…) n’ont été possibles que grâce à l’unité syndicale autour du collectif
du 5 février et à l’adhésion populaire. Et c’est pour court-circuiter ce mouvement
populaire que Sarkozy, Fillon et Jego ont organisé à la hâte leurs Etats généraux.
Une grand-messe qui n’a d’autre but que de décrédibiliser le vote du
Congrès en faveur de l’article 74 avec une perspective d’autonomie
qui donnerait aux Martiniquais(es), à travers leurs élus, le pouvoir de mettre
en oeuvre démocratiquement une autre politique de développement répondant
à leurs aspirations. Une grand-messe qui, en relançant le débat autour de l’article 73 (assimilation),
tente de mettre en danger les progrès déjà réalisés sur la voie de l’autonomie.
Il est temps de chacun comprenne que dans un pays encore sous le
joug néocolonial, plus qu’ailleurs, les luttes sociales sont indissociables
des luttes politiques. Car sans un vrai pouvoir politique, comment garantir
le maintien des quelques avantages arrachés grâce à la mobilisation populaire ? Comment
mettre en oeuvre cette nouvelle politique de développement durable et
endogène réclamée par ces milliers de nos compatriotes, sans un véritable
changement de statut ?
Face aux ruses du pouvoir colonial allié au patronat, seul un front uni
rassemblant les acteurs du mouvement social et les forces politiques
favorables à une véritable évolution institutionnelle peut nous permettre
d’avancer sur la voie de la responsabilité politique et du développement
véritable.
C’est l’une des leçons à tirer du mouvement du 5 février

G. Erichot