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MAGAZINE HEBDOMADAIRE D'INFORMATION COMMUNISTE

JUSTICE 89e Année Edition N°18 Jeudi 30 Avril 2009

JUSTICE 89e Année Edition N°18 Jeudi 30 Avril 2009

JUSTICE 89e Année Edition N°18 Jeudi 30 Avril 2009

Sommaire
Sa ka Pasé . . . . . . . . . p. 2

Edito . . . . . . . . . . . . . . p. 3
- 1er Mai dans l’unité

Luttes Sociales . . . . .p. 4/6
- 1er Mai de mobilisation
- Colère des auxiliaires de vie scolaire
- les pompiste ont la parole
- tout moun an lari’a

Société . . . . . . . . . . .p. 7/8
- le savoir est une arme
- les 16 de basse-Pointe

Revue de Presse . . . . .p. 9
- article 73 du Comité balladur

Politique . . . . . . . . .p. 10/11
- etats généraux de l’outre-Mer

Economie . . . . . . . .p. 12/13
- la crise est-elle vraiment finie ?
- ecart des prix france/Martinique : 39%

Dans le Monde . . . .p. 14/15
- Climat social en france
- durban II
- Victoire de l’ANC en afrique du sud

Annonces Légales .p. 16/19

Culture . . . . . . . . . . . .p. 20
- ayo, Marraine de l’UNICEF

Pour un Puissant 1er Mai dans l’unité

Cette année, le 1er Mai, fête internationale des travailleurs, tombe
chez nous dans des circonstances singulières: après la révolte populaire
de février-mars contre la “vie chère”, et alors que viennent
de débuter les Etats Généraux décidés précipitamment par Nicolas
Sarkozy pour répondre à l’urgence des problèmes soulevés
dans les quatre DOM par les récents mouvements sociaux.

Ces mouvements qui ont surpris par leur ampleur, leur puissance,
leur durée, la participation de presque toutes les catégories sociales,
ont bénéficié, en ce qui concerne la Guadeloupe et la
Martinique tout particulièrement, d’une large couverture médiatique
et rencontré des échos favorables aussi bien en France qu’à l’étranger,
grâce à la télévision notamment. L’Etat français, qui dans un passé récent
se montrait prompt à mitrailler les travailleurs des dernières colonies
lorsqu’ils se mobilisaient pour de salaires justes, a dû contenir ses troupes,
laisser libre cours à l’expression du mécontentement populaire. Il l’a fait à
cause de la présence des médias, de la détermination des peuples mobilisés,
et aussi parce qu’il était conscient de la gravité de la situation sociale
des DOM et du bien fondé des revendications. L’intervention
dans la crise de certaines personnalités et organisations politiques
françaises de gauche n’ a pas été sans effet sur la réaction
de Nicolas Sarkozy, lequel, d’autre part, savait qu’il ne pouvait pas
effacer des mémoires ses promesses électorales démagogiques
sur le pouvoir d’achat.

Nous voilà donc en pleins Etats Généraux. La parole est censée
être libre et tout le monde est invité
à s’exprimer “sans tabou”, sur tous les sujets, qu’ils soient économiques,
sociaux, culturels et politiques. Un calendrier est cependant établi pour
que cela ne traîne pas trop en longueur.
Devant les protestations, il a du être allongé jusqu’à Septembre.
Et comme tous les intervenants n’ont pas la même culture intellectuelle,
la même facilité langagière, les mêmes préoccupations et surtout les mêmes intérêts
à défendre, la “parole libre” est toutefois encadrée. Et c’est à des spécialistes
désignés par le pourvoir politique qu’il reviendra de rédiger les synthèses qui
permettront au gouvernement de décider des mesures censées résoudre les
problèmes identifiés. Sarkozy et Fillon auront alors beau jeu de retenir ce qui leur
plaira de toutes les propositions formulées sous prétexte que les populations ont été consultéées.
Sur quoi tout cela va-t-il et peut-il logiquement déboucher? En ce qui concerne la Martinique
singulièrement, le gouvernement ne sera-t-il pas tenté de profiter de l’occasion pour ignorer
l’Agenda 21 et le SMDE pour faire plaisir à la droite locale et au PPM, tous deux hostiles
à l’Autonomie dans le cadre de l’article 74 de la Constitution? Et que dire de nos
compatriotes de l’émigration, solidement encadrés idéologiquement par des membres de l’UMP
au service du pouvoir sarkozyste?
Ecoutera-t-on la parole de ceux d’entre eux qui sont pour l’Autonomie,
pour le développement des Antilles au profit des Antillais prioritairement?

La questioncentrale est cependant la suivante: le gouvernement
qui vient de faire voter, au terme d’un long processus, une LODEOM
censée propulser un “développmeent endrogène”, va-t-il
légiférer de nouveau? Si oui, sur quoi, en vue de quels objectifs et
pour une application des nouvelles mesures dans quels délais?

Manifestement, ces Etats Généraux ne serviront pas à grandchose.
Et les organisations syndicales et politiques qui ont fait
le choix de ne pas y participer ont agi de manière responsable, n’en
déplaise aux porte-paroles du gouvernement et aux artistes et
politiques antillais de service vivant à Paris, omniprésents dans
les médias français.

Pour cela, il nous incombe, à nous qui sommes convaincus de la nécessité
historique de l’Autonomie, voie vers le Développement véritable
dans la Responsabilité, à tous ceux qui en février-mars ont
réclamé justice, qui ont dénoncé l’exploitation, qui ont mis en évidence,
parfois sans s’en rendre clairement compte, la dimension
politique de nos problèmes économiques et sociaux, il nous incombe
donc de nous unir dans le combat pour le changement et la
justice sociale, indissolublement liés. “Car justice sociale, développement
véritable et responsabilité renvoient l’un à l’autre”.

Le 1er Mai nous donne l’occasion de confirmer cette volonté!

Maurice Belrose

M.Belrose

Catégorie : Edition