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JUSTICE 89e Année Edition N°17 Jeudi 23 Avril 2009

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JUSTICE 89e Année Edition N°17 Jeudi 23 Avril 2009

JUSTICE 89e Année Edition N°17 Jeudi 23 Avril 2009

Sommaire

Sa ka Pasé . . . . . . . . . p. 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . p. 3
- récupération du mouvement ?
Luttes Sociales . . . . . . .p. 4
- 1er mai : nouvelle étape dans la lutte
- le fait syndical martiniquais
Eco-Social . . . . . . . . .p. 5/9
- enquête emploi 2008
- 18 800 chômeurs découragés
- Quel avenir pour la sara ?
- panneaux photovoltaïques
Politique . . . . . . . . .p. 10/11
- etats généraux sarkozy
- vers une collectivité autonome ?
Déclaration PCM . . .p. 12/13
- pcm : absent des états généraux
Entretien avec . . . .p. 14/17
- michel monrose
- madeleine de grandmaison
Bec & Plumes . . . . . . .p. 17
- patrick Karam
- serge letchimy
Dans le Monde . . . . . . .p. 18
- sommet des amériques
- conflit thaïlandais
Annonces Légales .p. 19/23
Culture . . . . . . . . . . . .p. 24
- aimée césaire

Etats généraux Sarkozy : Une tentative de récupération du mouvement social ?

Depuis des décennies, notre Parti tire la sonnette d’alarme sur les
risques d’explosion sociale. Celle-ci vient de se produire, profonde, violente
et longue. Ses causes sont connues depuis longtemps. Par
delà nos propres analyses, de nombreux rapports (Rippert, Fragonard,
Perben, Lise-Tamaya et Girardin) commandés par les différents pouvoirs
ont établi des diagnostics plus ou moins pertinents sur la situation
de notre pays et préconisé des solutions souvent restées lettres
mortes, sans grand effet, ou avec des conséquences parfois terriblement
perverses comme la défiscalisation.

Le fait nouveau, c’est que cette crise sociétale a révélé une puissante
aspiration en faveur d’une Martinique reposant sur une plus
grande justice sociale. Une Martinique nouvelle qui ne peut émerger
que si le pays est engagé dans la voie du développement véritable.
Ce fut l’occasion pour le peuple de s’emparer de la parole pour exprimer
ses souffrances, le rejet de la “pwofitation” et de toutes les
formes de discrimination sociale ou raciale.

En ce sens, ce fut une révolution tranquille. Et c’est parce qu’il avait
pris très tôt conscience de l’incapacité du système
départemental à apporter des réponses adaptées à nos difficultés
que notre Parti , dès 1960, a lancé la revendication d’un véritable
pouvoir martiniquais, puis, en 1996, l’idée des “Etats généraux pour la
responsabilité et le développement”.

Quel était le but recherché ? Amener à faire parler d’une même voix
l’ensemble des forces de progrès qui exprimaient des revendications
identiques, mais condamnées à l’impuissance car divisées. Il s’agissait
d’élaborer une stratégie commune pour aboutir à un véritable
projet conçu par les Martiniquais, un projet à défendre face à un pouvoir
central sourd à nos légitimes aspirations.
Nous serions mieux armés qu’aujourd’hui!

Depuis, un pas important en ce sens a été franchi avec l’élaboration
de l’Agenda 21 par le Conseil Général et le Schéma martiniquais
de développement économique du Conseil Régional. Notre Parti s’est
réjoui de leur fusion en un document unique qui définit les axes stratégiques
pour un développement durable et endogène. Il doit demeurer
l’ossature de notre projet global de développement.

La crise est passée, contraignant le président de la République et son
gouvernement à agir. D’où sa décision d’organiser en hâte ces Etats
Généraux pour donner le sentiment que l’on change de méthode, que
l’on remet tout à plat.

Ainsi, le pouvoir tente de récupérer, à son profit, le puissant désir de
prise de parole du peuple par une démarche de démagogie populiste.
D’où notre grande méfiance renforcée par un sentiment d’impréparation
largement partagé.

L’urgence justifie-t-elle une telle précipitation ? Une précipitation qui
s’apparente à une stratégie de dislocation du front social qui avait
forcé le pouvoir et ses alliés du patronat à céder sur des points sur lesquels
ils n’entendaient rien lâcher comme la baisse des prix et l’augmentation
du pouvoir d’achat. D’autre part, n’est-ce pas une tentative
de noyer dans une grand-messe les revendications identitaires fortement
exprimées tout au long de ces 38 jours de crise ?

Mais par delà les incohérences entre les thèmes débattus dans certains
ateliers, ces Etats Généraux soulèvent de graves problèmes de
légitimité politique qui risquent de porter atteinte à la représentativité
même de nos élus.

Car voilà que nombre de questions déjà tranchées par un vote solennel
se retrouvent au menu de certains ateliers. Cela nourrit notre
inquiétude avec la remise en débat de la question institutionnelle, sur laquelle
le Congrès, qui est l’instance légale mise en place par la loi, s’est
déjà prononcé à 74% en faveur de l’article 74, et donc pour une véritable
autonomie.

N’est-ce pas une stratégie du pouvoir, à travers ces Etats généraux,
de remettre en cause ce choix et imposer sa préférence pour
l’article 73 ?

Et pourquoi avoir remis en débat nombre de questions sur lesquelles
la Loi d’Orientation (LODEOM), conçue comme une réponse globale
à la crise que traverse l’Outremer et à la problématique du
développement endogène, a déjà légiféré ?

La LODEOM n’a-t-elle pas déjà arrêté une batterie de mesures allant
de la zone franche globale, aux nouvelles exonérations de charges, aux
mesures en faveur de l’hôtellerie, à la mobilité, au fonds exceptionnel
d’investissement, à la continuité territoriale et au logement social, d’ailleurs
grand oublié de ces Etats Généraux ?

Et pour ajouter à la confusion, voilà que le Gouvernement vient de
confier au député Serge Letchimy une mission sur le logement qui est
l’une des principales compétences du Conseil Général ! Manoeuvre de
division.

A peine votée, cette loi serait-elledéjà caduque ?

Toutes les causes de notre mal être ont déjà été identifiées et décortiquées.

La question de fond est celle de l’absence de volonté du pouvoir
central de mettre en oeuvre une réelle politique de développement et
d’en donner les moyens politiques et financiers au peuple martiniquais
à travers ses élus.

Il est à craindre que ces Etats Généraux déjà formatés par le pouvoir
ne servent qu’à avaliser des décisions déjà arrêtées. De même, il est
à redouter que le libéralisme qui inspire toute la politique du gouvernement
ne le pousse à ne prendre en compte que les aspirations du patronat
fortement mobilisé.

Pourquoi des Etats Généraux alors qu’une grande partie du travail est
déjà fait ? La crise doit d’abord être perçue comme une incitation à aller
plus vite et plus loin. Mais pas comme un moyen de tergiverser sur
les solutions à y apporter. L’essentiel des revendications et des propositions
que notre Parti soutient demeure les orientations déjà adoptées
par le Congrès ou qui le seront lors de la séance du 18 juin et qui
ouvrent la voie à une véritable autonomie.

Pour renforcer leur légitimité, nous proposons la tenue, avant la
deuxième cession du Congrès, d’un Forum pour une Martinique nouvelle
qui prendrait en compte les nouvelles aspirations exprimées par le
mouvement du 5 février.

Et puisqu’il y a urgence, ne perdons pas de temps à chercher des réponses
dont l’essentiel a déjà été élaboré par nos Elus. Bouclons le
projet martiniquais en tenant compte des aspirations du 5 février
2009.

G. Erichot

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Cet article a été publié le Jeudi 23 avril 2009 à 20 h 04 min et est classé dans Edition. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

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